Le ministre iranien des Affaires étrangères a quitté Téhéran, dimanche 15 février, pour se rendre à Genève afin d’entamer un second round de négociations avec les États-Unis, sous l’égide d’Oman, et d’éviter des frappes américaines. L’Iran cherche à conclure un accord nucléaire apportant des « bénéfices économiques aux deux parties », a déclaré un Les responsables iraniens ont multiplié les gestes en direction des États-Unis pour faciliter un accord et faire baisser les tensions, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.
L’Iran a mis sur la table un paquet de contrats avec des compagnies américaines dans les secteurs pétrolier, gazier et minier, mais aussi l’achat d’avions commerciaux. « Lors de l’accord nucléaire de 2015, les États-Unis n’ont tiré aucun bénéfice, cette fois-ci nous leur proposons des contrats avec des bénéfices immédiats et non à long terme », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des questions Dans une interview accordée à la BBC à Téhéran, Majid Takht-Ravanchi a déclaré que c’était « à l’Amérique de prouver qu’elle voulait conclure un accord », ajoutant : « S’ils sont sincères, je suis sûr que nous serons sur la voie d’un accord ».
« Pour assurer la pérennité d’un accord, il est essentiel que les États-Unis bénéficient également dans des domaines à rendement économique élevé et rapide », a également déclaré Hamid Ghanbari, directeur adjoint de la diplomatie économique au ministère iranien des Affaires étrangères, selon l’agence de presse Fars.
« Les intérêts communs dans les secteurs pétrolier et gazier, les champs conjoints, les investissements miniers, et même les achats d’avions sont inclus dans les négociations », a indiqué Hamid Ghanbari, estimant que l’accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances n’avait pas garanti les intérêts économiques américains.
L’Iran prêt à une baisse du niveau d’enrichissement d’uranium
L’Iran possède d’importantes réserves de pétrole et de gaz, qui pourraient intéresser les États-Unis. Reste à savoir si ces propositions vont satisfaire le président américain Donald Trump.
Sur le programme nucléaire, l’Iran est aussi prêt à des compromis, notamment une baisse du niveau d’enrichissement d’uranium et une dilution des stocks d’uranium enrichi à 60 %.
En revanche, Téhéran refuse toujours toute négociation sur son programme balistique, en particulier la portée de ses missiles comme le réclament les États-Unis mais aussi Israël.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré lors d’une conférence de presse à Bratislava que le président Donald Trump avait clairement indiqué privilégier la diplomatie et un règlement négocié. « Personne n’a jamais réussi à conclure un accord avec l’Iran, mais nous allons essayer », a affirmé Marco Rubio.
