Face à des retards persistants de subventions, aux dettes qui s’accumulent et à un manque criant d’équipements modernes, l’intersyndicale des travailleurs de la santé de Ziguinchor a organisé, le mercredi 18 février 2026, un sit-in pour interpeller l’État sur une situation qu’elle juge désormais « critique » pour la continuité et la qualité des soins.
ZIGUINCHOR – Les structures sanitaires publiques de Ziguinchor traversent « une zone de fortes turbulences financières ». C’est le message principal délivré, hier, mercredi 18 février 2026, lors du sit-in organisé dans la matinée par l’intersyndicale regroupant les travailleurs de l’hôpital de la Paix, le Centre hospitalier régional et le district sanitaire (hôpital Silence).
Par cette mobilisation, les syndicats disent vouloir attirer l’attention des autorités et celle de l’opinion nationale sur « la gravité de la situation en ce début d’année ».
Selon Siméon Faye, secrétaire général du Syntras/section Centre hospitalier régional, les difficultés budgétaires actuelles fragilisent directement la mission des Établissements publics de santé (Eps).
Il a rappelé que le fonctionnement normal d’un service public sanitaire repose sur la disponibilité de ressources humaines, matérielles et financières adéquates. Sans ces éléments, les syndicalistes estiment que les conséquences sont immédiates.
« Lorsque les moyens essentiels manquent, cela entraîne une mauvaise organisation, des interruptions dans la prise en charge et une perte de motivation chez les agents », a déploré M. Faye, lisant la déclaration liminaire.Les responsables syndicaux évoquent aussi le non-paiement de la dernière tranche de la subvention d’exploitation 2025 destinée aux deux hôpitaux de niveau 2 de la région. Dans le même temps, le district sanitaire attend depuis novembre 2025 la dotation financière de la commune.
« Dans un contexte de baisse des recettes, ces financements sont pourtant indispensables pour honorer les engagements envers les fournisseurs, éviter les ruptures d’intrants médicaux et régler les arriérés de primes du personnel », a renchéri Siméon Faye.
À ces préoccupations s’ajoute le retard dans le versement de la première tranche de la subvention d’exploitation 2026. À ce sujet, les syndicats redoutent une réduction des montants alloués. Une perspective qu’ils jugent « très inquiétante pour la stabilité des structures ».
Ils signalent également le retard dans le paiement du reliquat de la subvention spéciale 2025 destinée au Centre hospitalier régional de Ziguinchor. Les travailleurs de la santé de la capitale régionale du sud dénoncent, par ailleurs, l’absence prolongée du Budget consolidé d’investissement (Bci).
« Ce financement permet de renouveler les équipements et de renforcer le plateau technique. Aujourd’hui, les hôpitaux fonctionnent avec du matériel dépassé », a déploré le secrétaire général du Syntras.
Les syndicalistes demandent notamment l’acquisition d’équipements lourds modernes, dont des appareils d’imagerie avancée comme l’Irm, afin d’améliorer la qualité des diagnostics et des soins.
Des écarts dans l’attribution des primes dénoncés
Sur le plan social, les syndicats fustigent des retards dans le paiement des augmentations de salaire des agents contractuels. L’intersyndicale pointe aussi des écarts dans l’attribution des primes entre établissements, ainsi que l’absence d’indemnités de logement pour certains agents. Les syndicalistes plaident pour une harmonisation des traitements.
« Nous avons constaté six mois de retard dans l’application des revalorisations salariales des contractuels prévues par l’accord signé avec l’État. (…) Nous demandons une application juste des engagements du pacte social », a déclaré Siméon Faye au nom de ses camarades.
La situation des retraités a également été évoquée. Certains anciens agents peinent à percevoir leurs pensions en raison du non-paiement des cotisations patronales. Les syndicats demandent à l’État de régulariser la dette accumulée afin de permettre aux retraités de percevoir leurs droits.
Par ailleurs, l’intersyndicale rappelle au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, son engagement de renforcer l’offre sanitaire dans la région, avec la création d’un Eps de niveau 4 et l’évolution des hôpitaux existants vers le niveau III. Les syndicats espèrent que ces promesses se traduiront rapidement en actions concrètes.
