La Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, rattachée à la compagnie de gendarmerie de Dakar, a procédé au démantèlement d’un réseau présumé d’homosexuels opérant dans la capitale, à l’issue d’une opération de renseignement menée notamment à la ZAC Mbao et à Ouakam.
Deux personnes ont été interpellées : O. Sall, 23 ans, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG), et S. G. Preira, 35 ans, restaurateur de nationalité franco-sénégalaise. Selon des éléments du dossier transmis vendredi au procureur de la République, des vidéos et échanges numériques les impliquant auraient été saisis au cours de l’enquête.
Une infiltration à l’origine de l’opération
L’affaire trouve son origine dans des informations recueillies par les enquêteurs à travers l’infiltration d’un groupe d’échanges réunissant des personnes se présentant comme transgenres, lesbiennes et homosexuelles. Une source féminine, ayant intégré le groupe sous une fausse identité, aurait permis d’identifier certains membres et de signaler l’organisation d’une rencontre dans un appartement situé à la ZAC Mbao.
Informés de ce rendez-vous, les gendarmes ont mis en place un dispositif de surveillance. Le jour prévu, O. Sall se serait présenté sur les lieux et aurait commencé à contacter d’autres participants. L’intervention des forces de l’ordre aurait toutefois empêché la tenue de la rencontre. Le jeune homme a été interpellé sur place.
Les investigations ont ensuite conduit les enquêteurs au domicile de S. G. Preira, à Ouakam, où il a été arrêté. D’autres personnes présentées comme membres du réseau, dont un journaliste d’une chaîne internationale actuellement hors du territoire national, seraient identifiées et activement recherchées.
Des échanges via les réseaux sociaux
Selon les enquêteurs, les mis en cause communiquaient par le biais d’applications de rencontre et de messageries telles que TikTok, WhatsApp et Grindr.
Au cours de son audition, O. Sall aurait reconnu avoir entretenu à plusieurs reprises des relations intimes avec des personnes de même sexe, évoquant notamment des rencontres avec un journaliste étranger, avec S. G. Preira et avec un ressortissant français. Il aurait déclaré avoir agi par curiosité, tout en affirmant se considérer comme hétérosexuel, et exprimé des regrets, d’après des sources proches du parquet citées par Seneweb.
De son côté, S. G. Preira aurait admis des faits similaires, y compris des échanges avec des contacts étrangers via des applications spécialisées. Il a déclaré ne pas appartenir à une organisation structurée. L’enquête évoque également l’existence de rapports sexuels non protégés.
Des poursuites engagées
Au terme de l’enquête, les deux hommes sont poursuivis pour des faits qualifiés d’« actes contre nature ». S. G. Preira fait en outre l’objet de poursuites pour transmission volontaire du VIH.
Ils ont été présentés, ce vendredi 27 février 2026, au procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar. L’ouverture d’une information judiciaire est envisagée afin de poursuivre les investigations.
