Le guide religieux Serigne Saliou Thioune est revenu sur les tensions entourant l’organisation de la commémoration du 17 avril, pointant du doigt une implication jugée excessive des autorités étatiques dans une affaire qu’il considère comme strictement familiale.

Rappelant le cadre habituel de cet événement, il a souligné que, chaque année, un Comité local de développement (CLD) était organisé par l’administration, une pratique héritée de l’époque de son père et perpétuée sous les régimes de Abdoulaye Wade et de Macky Sall.

« Ce qui s’est passé remonte à l’année dernière. Chaque année, avec la célébration du 17 avril, l’État organisait un Comité Local de Développement. Cela remonte à mon père. On l’a fait sous le régime d’Abdoulaye Wade et sous celui de Macky Sall », a-t-il rappelé.

Toutefois, il affirme qu’une rupture est intervenue récemment avec l’organisation de deux CLD distincts, impliquant différentes branches familiales. « À ma grande surprise, j’ai appris qu’ils ont organisé un autre CLD avec l’autre partie de la famille. Si j’en avais été informé, j’aurais adopté la même attitude que cette année », a-t-il déclaré.

Insistant sur l’unité familiale, Serigne Saliou Thioune a rappelé que cet événement ne saurait être fragmenté. « La famille de Cheikh Béthio Thioune est une et indivisible », a-t-il affirmé, avant de dénoncer fermement l’attitude des autorités : « Je suis surpris de voir un État s’immiscer dans des problèmes de famille, surtout concernant une famille religieuse. Le rôle d’un État devrait se limiter à rassembler, à unir une famille désunie. C’est là que j’attendais l’État ».

Face à cette situation, il indique avoir entrepris plusieurs démarches administratives, notamment en sollicitant l’organisation d’un Comité régional de développement (CRD) auprès du gouverneur de Thiès, sans obtenir de réponse. Il s’est ensuite adressé au ministère de l’Intérieur, qui lui aurait promis une intervention. Une réponse lui aurait finalement été transmise, évoquant l’impossibilité d’organiser le CRD en raison d’un agenda présidentiel chargé.

Le guide religieux affirme avoir pris acte de cette justification tout en posant ses conditions : « Dites au ministre que l’année dernière, on a fait deux cérémonies de CLD, ce que je ne saurais accepter. C’est mon père qui vivait à Madinatoul Salam, je suis son khalife. Si vous prévoyez d’en faire deux cette année encore, je ne participerai pas. Je ne suis pas là pour être le dindon de la farce. »

Il a également dénoncé l’influence de certains acteurs politiques dans ce dossier. « Je lui ai expliqué ce qui se fait actuellement sous l’influence de certaines figures proches de Pastef. Il m’a répondu que ce n’était pas normal et qu’on allait régler cela. Ce qu’il n’a malheureusement pas respecté », a-t-il regretté.

Revenant sur les propos du sous-préfet de Sindia concernant son absence, Serigne Saliou Thioune a apporté un démenti formel : « Il n’a pas dit la vérité des faits. Il devait dire qu’il avait été informé de mon absence. Il a préféré dire qu’il m’attendait, trompant ainsi l’opinion. »

Enfin, le guide religieux a interpellé directement le président Bassirou Diomaye Faye, estimant que ce dernier ne serait pas informé de la situation. « Je ne pense pas que le Président soit au courant de ces manigances. C’est depuis l’année dernière que certains proches de Pastef manigancent avec l’administration pour permettre à cette partie de la famille d’agir ainsi », a-t-il accusé.

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