La Tunisie se classe au 6e rang des pays les plus prospères d’Afrique en 2026, selon le dernier HelloSafe Prosperity Index, consolidant ainsi sa position parmi les économies les plus structurées du continent. Avec un score de 32,25 points, le pays se situe dans la catégorie des États à « faible niveau de prospérité », mais confirme néanmoins sa résilience dans un environnement régional et continental contrasté.
Publié par la plateforme HelloSafe, cet indice classe 186 pays à travers le monde en s’appuyant sur une approche multidimensionnelle de la richesse. Contrairement aux classements traditionnels centrés uniquement sur le produit intérieur brut, il intègre six indicateurs clés : le PIB par habitant (pondéré à 30 %), le revenu national brut (20 %), l’indice de développement humain (20 %), le coefficient de Gini mesurant les inégalités (15 %), le taux de pauvreté (10 %) et l’épargne nationale (5 %).
Dans ce cadre, la Tunisie affiche un profil relativement équilibré, reposant davantage sur le capital humain et la diversification économique que sur les ressources naturelles. Ce positionnement lui permet de devancer plusieurs économies africaines et de se maintenir dans le haut du classement continental.
À l’échelle africaine, le podium est dominé par Maurice (41,05 points), les Seychelles (40,77) et l’Algérie (40,36). Ces pays se distinguent par des niveaux de revenu plus élevés et, dans certains cas, par des ressources naturelles importantes. Ils sont suivis par la Libye (33,84) et l’Égypte (33,24), qui complètent le top 5 continental.
Avec ses 32,25 points, la Tunisie se positionne juste derrière ce groupe de tête, devançant notamment le Gabon (32,20) et le Maroc (30,02). Cet écart, bien que relativement faible, illustre la compétitivité du pays dans un contexte régional marqué par des modèles économiques différents.
Contrairement à l’Algérie ou à la Libye, dont les performances sont largement soutenues par les hydrocarbures, la Tunisie repose sur une économie diversifiée combinant industrie, services, agriculture et tourisme. Elle bénéficie également d’un niveau d’éducation relativement élevé et d’un système de santé structuré, des facteurs déterminants dans l’évaluation de la prospérité au sens large.
Le classement met d’ailleurs en évidence une réalité importante : la richesse économique seule ne suffit pas à expliquer la prospérité. Des pays disposant de ressources naturelles importantes peuvent afficher des performances élevées, mais la qualité de vie, la répartition des revenus et l’accès aux services essentiels jouent un rôle tout aussi déterminant.
Dans ce contexte, la Tunisie conserve des atouts comparatifs notables, notamment en matière de développement humain et de cohésion sociale. Ces éléments lui permettent de compenser, en partie, un niveau de richesse brute inférieur à celui de certains pays mieux classés.
À l’échelle mondiale, le classement est largement dominé par les économies européennes. Le Luxembourg arrive en tête avec 86,20 points, suivi de la Norvège (85,09) et de l’Irlande (84,72). Ces pays se distinguent par des niveaux de vie très élevés, une forte égalité des revenus et des systèmes sociaux performants. À l’opposé, les pays les moins bien classés affichent des scores inférieurs à 20 points, notamment en Afrique subsaharienne, où les défis liés à la pauvreté, aux inégalités et aux infrastructures restent importants.
Dans ce paysage global, la Tunisie apparaît comme une économie intermédiaire, confrontée à des défis structurels, croissance modérée, pression budgétaire, inflation, mais capable de préserver un socle de stabilité. Son classement dans la tranche des pays à « faible niveau de prospérité » souligne toutefois la nécessité d’accélérer les réformes économiques et sociales pour améliorer durablement le niveau de vie.
Au final, le HelloSafe Prosperity Index confirme que la Tunisie, sans être parmi les leaders africains, demeure un acteur solide du continent. Son positionnement à la 6e place africaine reflète un modèle de développement fondé sur l’équilibre entre performance économique et progrès social, dans un environnement régional marqué par de fortes disparités.
