La situation se complique au sommet de l’exécutif sénégalais avec la demande du Président Bassirou Diomaye Faye d’une seconde lecture de la proposition de loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral. Cette initiative, survenue le jeudi 7 avril, fait suite à une requête de Me Aissata Tall Sall, présidente du groupe Takku Wallu, principale force de l’opposition parlementaire. La loi en question avait été adoptée par le parti au pouvoir, le Pastef, malgré l’opposition formelle de l’ensemble des partis d’opposition, ainsi que du chef de l’État, qui a exprimé sa méfiance à l’égard de cette décision parlementaire.

Les raisons de cette demande de deuxième lecture reposent sur une « erreur » identifiée par le Parlement. Selon El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, après l’adoption, le texte a été transmis au chef de l’État pour promulgation, mais il s’est avéré que ce n’était pas la version correcte prenant en compte les amendements. L’erreur a été rapidement « corrigée » avec l’envoi de la « bonne version », a-t-il précisé, ajoutant avoir discuté personnellement de la question avec le Président.

Malgré cet échange, Diomaye Faye a jugé nécessaire de demander une seconde lecture, conformément à la Constitution. Dans un message lu à l’Assemblée nationale par El Malick Ndiaye, il a souligné : « Je note que le sujet des deux versions du texte s’est aussi invité dans la presse par la voix de certains députés. Pour lever toute équivoque et garantir la conformité du texte à promulguer, je soumets le texte de loi à une nouvelle délibération. »

Il convient de rappeler qu’après l’adoption de la proposition de loi, les non-inscrits n’ont pas réussi à réunir les 17 signatures nécessaires pour saisir le Conseil constitutionnel pour inconstitutionnalité de la loi. De son côté, le groupe Takku Wallu a finalement renoncé à saisir le Conseil, préférant ne pas interférer dans les tensions internes qui secouent le parti au pouvoir, laissant ainsi « la majorité face à ses responsabilités et aux conséquences de ses initiatives législatives ».

En outre, El Malick Ndiaye a annoncé que le bureau de l’Assemblée nationale se réunira cet après-midi pour déterminer la marche à suivre dans cette affaire.

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