Près de 55 % des électeurs ont participé au référendum constitutionnel organisé dimanche 30 août en Guinée-Bissau, selon les premières estimations communiquées par la Commission nationale des élections (CNE).
Le secrétaire exécutif de la CNE, Idriça Djaló, a indiqué que le scrutin s’était déroulé dans le calme et sans incident majeur, saluant « la sérénité » et « le civisme » ayant marqué la consultation.
Selon le responsable électoral, les résultats du référendum pourraient être connus dans un délai de trois à sept jours après le scrutin.
Les électeurs bissau-guinéens étaient appelés à se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution prévoyant une modification importante de l’équilibre des pouvoirs entre la présidence, le gouvernement et l’Assemblée nationale.
En cas de victoire du « oui », le texte renforcerait notamment les prérogatives du président de la République dans la formation et la direction du gouvernement.
La question de la nomination du Premier ministre constitue l’une des principales modifications prévues par le projet. Selon la Constitution actuellement en vigueur, le choix du chef du gouvernement revient à la formation politique ayant remporté les élections législatives.
Cette configuration institutionnelle a été à l’origine de tensions récurrentes entre la présidence et la majorité parlementaire, notamment lorsque le chef de l’État et la majorité à l’Assemblée nationale appartiennent à des camps politiques différents.
Le projet soumis à référendum modifie cet équilibre en prévoyant que le président de la République dirige le Conseil des ministres et dispose du pouvoir de nommer et de limoger le Premier ministre.
Les autorités de transition présentent cette réforme comme un moyen de réduire les conflits institutionnels récurrents entre la présidence et le Parlement.
Le projet prévoit également de ramener le nombre de députés de 102 à 65 et celui des circonscriptions électorales de 29 à 12. Selon les autorités de transition, cette réduction vise notamment à diminuer le train de vie de l’État.
Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), principale formation politique d’opposition, a appelé au boycott du référendum, contestant la légitimité des autorités de transition à modifier la Loi fondamentale.
Le parti estime qu’il ne revient pas à un pouvoir de transition non élu d’engager une réforme constitutionnelle d’une telle ampleur.
Le référendum intervient à un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026, censée mettre fin à la transition militaire et permettre le retour à un pouvoir civil.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 27 novembre 2025 par le général Horta N’Tam, arrivé au pouvoir à la suite du renversement du président Umaro Sissoco Embaló.
Le coup d’État était intervenu trois jours après la tenue d’une élection présidentielle. Alors que le pays attendait la proclamation des résultats, l’armée avait interrompu le processus électoral et annoncé la mise en place d’un Haut commandement militaire chargé de diriger le pays.
