Cinq cents millions pour 200 000 billets. Cette contribution de la Première Dame via sa Fondation Sénégal Solidaire ouvre un nouveau front de débat sur l’origine des fonds spéciaux.
D’où viennent les 500 millions de FCfa annoncés pour les Jeux olympiques de la jeunesse ?Derrière cette question, devenue en quelques heures l’un des nouveaux points de crispation du débat public, se joue une interrogation plus large : jusqu’où peut aller l’action sociale d’une Première dame lorsque les fonds mobilisés sont importants, et où commence l’exigence de transparence lorsqu’il s’agit d’une structure privée portée par l’épouse du chef de l’État ? L’annonce de la Fondation Sénégal Solidaire de consacrer 500 millions de FCfa à l’achat de 200 000 billets pour les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) Dakar 2026 devait, à l’origine, être présentée comme une opération de solidarité en direction d’enfants issus de milieux défavorisés.
Cinq cents millions pour 200 000 billets. Cette contribution de la Première Dame via sa Fondation Sénégal Solidaire ouvre un nouveau front de débat sur l’origine des fonds spéciaux.
D’où viennent les 500 millions de FCfa annoncés pour les Jeux olympiques de la jeunesse ?Derrière cette question, devenue en quelques heures l’un des nouveaux points de crispation du débat public, se joue une interrogation plus large : jusqu’où peut aller l’action sociale d’une Première dame lorsque les fonds mobilisés sont importants, et où commence l’exigence de transparence lorsqu’il s’agit d’une structure privée portée par l’épouse du chef de l’État ? L’annonce de la Fondation Sénégal Solidaire de consacrer 500 millions de FCfa à l’achat de 200 000 billets pour les Jeux olympiques de la jeunesse (Joj) Dakar 2026 devait, à l’origine, être présentée comme une opération de solidarité en direction d’enfants issus de milieux défavorisés.
Le débat prend une autre dimension lorsqu’on l’élargit aux fonds spéciaux. Pour le politologue Malaw Kanté, il faut distinguer l’exigence légitime d’encadrement de l’idée d’une transparence absolue. «Il faut encadrer la gestion de ces fonds, c’est normal», reconnaît-il. Mais, il est d’avis que certains fonds liés aux impératifs de sécurité ou aux intérêts stratégiques de l’État ne peuvent être exposés dans leur totalité. Il prend en exemple les grandes démocraties, où certaines dépenses liées au renseignement ou à des opérations sensibles restent couvertes par le secret. Pour lui, il est donc difficile d’exiger une transparence totale sur des fonds qui ont précisément été conçus pour permettre à l’État d’agir dans des domaines où la publicité des dépenses pourrait compromettre leur efficacité.
Malaw Kanté estime que la sortie de Guy Marius Sagna, dans le contexte actuel, peut «tarauder les esprits». Il relève surtout ce paradoxe politique : «Certaines voix qui réclament aujourd’hui davantage de transparence ont elles-mêmes exercé le pouvoir et géré des ressources dont l’utilisation continue de faire débat.» L’analyste fait notamment référence aux controverses autour de fonds destinés à la Casamance et à des déclarations publiques concernant l’utilisation de ressources à d’autres fins. Il évoque également le cas de l’ancienne ministre Maïmouna Dièye, accusée d’avoir reconnu avoir utilisé des fonds destinés à l’Assemblée nationale au profit des «martyrs» de Pastef.
