Dans la vallée du fleuve Sénégal, les invasions de criquets mettent en évidence les limites des traitements chimiques intensifs. À cet égard, l’agroécologie propose des solutions durables fondées sur la lutte biologique, la diversification des systèmes agricoles et la restauration des écosystèmes.

En agroécologie, l’utilisation intensive d’insecticides a montré qu’elle pouvait accentuer les pullulations de criquets plutôt que de les réduire. En éliminant simultanément les ravageurs et leurs ennemis naturels, notamment les oiseaux insectivores et les guêpes parasitoïdes, les traitements chimiques perturbent profondément les interactions trophiques qui assurent la régulation biologique des populations de criquets.

Privés de pression de prédation, les criquets survivants montrent une capacité de rebond démographique rapide, ce qui conduit parfois à des nuées plus massives que celles observées avant les interventions. Ce phénomène illustre un mécanisme classique de résurgence induite par les pesticides, renforçant la nécessité de stratégies agroécologiques fondées sur la régulation biologique et la gestion intégrée des ravageurs.

Bocar H. DIALLO, Géographe agroécologue

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