Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans son processus de traitement de la dette. L’État a mandaté le cabinet Sodali & Co afin d’identifier les détenteurs de ses obligations internationales et de faciliter les échanges avec eux, rapporte Reuters dans une dépêche d’Anait Miridzhanian publiée le 29 septembre 2026.

La mission confiée à Sodali & Co est détaillée dans un document transmis à l’agence de presse et signé par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Elle porte notamment sur des obligations libellées en euros et en dollars, dont les échéances s’étendent de 2028 à 2048.

« Toute information recueillie dans le cadre de ce processus restera strictement confidentielle et sera utilisée par la République et ses conseillers », précise le document cité par Reuters.

Cette démarche intervient après la constitution, le 11 septembre, d’un groupe de créanciers ayant annoncé avoir mandaté le cabinet White & Case pour le conseiller. Dans un communiqué, ce groupe réclame un traitement « économiquement justifiable, équitable et soutenable », reposant sur des hypothèses jugées crédibles. Il plaide également pour un partage de l’effort entre les différents créanciers financiers du Sénégal. Sa composition exacte ainsi que le montant des titres qu’il représente n’ont toutefois pas été rendus publics.

Les modalités restent à négocier

Le gouvernement sénégalais avait présenté, le 1er septembre, son Plan de traitement de la dette. L’objectif affiché est de réduire le poids du service de la dette sur les finances publiques et de dégager des marges supplémentaires pour l’investissement public.

Dans ce cadre, l’État prévoit d’engager des consultations avec ses partenaires, notamment à travers une version renforcée du Cadre commun du G20. Le dispositif concerne la dette extérieure visée par les discussions, sans englober l’ensemble des obligations publiques du Sénégal.

À ce stade, les modalités précises de l’opération restent à définir et devront faire l’objet de négociations entre l’État et ses créanciers.

Une situation budgétaire sous pression

Pour justifier sa démarche, le gouvernement met notamment en avant l’évolution de la situation budgétaire. Selon ses chiffres, le déficit public est passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025.

Les autorités anticipent toutefois un net ralentissement de la croissance en 2026, à 2,7 %, dans un contexte marqué par des marges budgétaires limitées et une pression accrue liée aux dépenses énergétiques.

Le niveau de la dette et les perspectives économiques seront ainsi au cœur des discussions avec les créanciers, notamment pour déterminer les capacités de remboursement de l’État et le calendrier auquel celui-ci pourrait s’engager.

Le FMI au cœur du processus

Le traitement de la dette intervient également dans le cadre des discussions engagées avec le Fonds monétaire international (FMI), après la découverte de dettes qui n’avaient pas été déclarées auparavant.

Le FMI estime que la dette publique du Sénégal représentait 132 % du PIB à fin 2024. Le 1er septembre, les services du Fonds et les autorités sénégalaises ont par ailleurs conclu un accord au niveau des services sur un programme d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans.

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