La réussite de la prochaine grève du secteur formel en milieu du Travail passe par une bonne préparation et dans une parfaite unité. Parce que simplement il s’agit de résistance pour faire face à un affront organisé et prémédité face à un Etat sourd et dominant. Il s’agit de se défendre et de défendre la démocratie, voire les valeurs du droit et de la négociation collective transgressées ; mais surtout les valeurs de la justice sociale dans une République des valeurs.
En raison que «le personnel de l’Inspection [régionale du Travail et de la sécurité sociale] sera composé de fonctionnaires publics dont le statut et les conditions de service leur assurent la stabilité dans leur emploi et les rendent indépendants de tout changement de gouvernement et toute influence extérieure indue»… mais, en est-il conscient ? Parce que ledit personnel prête serment au nom de la République et aux fins de réguler le dialogue social. Il en est de même quant au Haut-conseil du dialogue social ou au médiateur de la République, au ministre du Travail, entre autres.
En raison que la liberté syndicale et la protection du droit syndical passe, avant l’appartenance à un parti politique ; puisque, de ce point de vue, il s’agit de liberté de pensée et d’actions pour la défense des intérêts communs …de l’avenir de toute une jeunesse. Mais surtout, il s’agit de garantir une vie meilleure à l’endroit de toute une population meurtrie par une mal-gouvernance inconcevable, inacceptable et inconvenante incarnée par un Etat. Dans ce contexte bien précis donc, il s’agit d’assister en spectateurs à toute une destruction de chefs d’œuvre construits après d’immenses sacrifices par tout un peuple [les entreprises, les emplois, la diplomatie, les relations internationales, entre autres]. Et, par un tour de passe-passe : tout est anéanti, sans aucun regret, par des mains inexpertes et insouciantes qui en redemandent encore… et encore ! Parce qu’ils n’arrêteront pas le massacre et la casse, tant que le Sénégal ne sera pas les deux genoux à terre. Alors le monde du Travail doit-il attendre la bouche béante sans aucune réaction positive ? Parce que cette réaction-là passe en toute harmonie dans une parfaite unité aux fins de relever l’injustice sociale et l’amateurisme d’une gouvernance à tâtons.
En ce sens, le Front syndical a bien raison de sonner la trompette de guerre et l’alerte. Il a bien raison de s’organiser et d’organiser le monde du Travail sénégalais dans un combat qui le concerne. Et ce combat-là demeure un combat costaud et de dignité à préserver pour une cause juste. Il s’agit dès lors, de communication, d’informations et de sensibilisation dans les terrains marécageux [les entreprises, les syndicats, les unions régionales, les unions départementales comme locales et les centrales syndicales]. Il s’agit d’impliquer à tous les niveaux de la chaîne sociale : les travailleurs-salariés qui doivent s’unir et unir leur force avec une énorme conviction. Et sous cet aperçu, il ne s’agit point dans cette bataille-là pour la justice sociale de mettre un pied dedans [dans le Front syndical] et un pied dehors [dans un parti politique]. Il ne s’agit pas de plan de carrière et d’opportunisme. Il s’agit principalement de pratique syndicale et non de pratique en termes de politique politicienne. Il s’agit alors de se découvrir avec courage… et en toute honnêteté pour la réussite d’une grève nationale prévue les 21, 22 et 23 octobre 2026. Il s’agit sous cet angle d’une lutte syndicale menée en toute légalité par le Front syndical afin que les entreprises se libèrent de l’emprise d’une dictature administrative aveugle [pressions et sanctions injustifiées, fiscalités excessives, chantages, maniement récurrent de deniers publics, réactions primitives, privilèges maladroits, entre autres].
En raison que les menaces d’un Etat n’y changeront rien ; même s’il agit en sourdine, de procéder par de basses besognes dans le but de désamorcer la bombe sociale par des manœuvres [envers les syndicats et les centrales syndicales jaunes] aux relents de promesses mirobolantes et par une forte odeur de corruption. Attendu qu’une grève nationale se prépare avec soin. Elle ne s’improvise point. Elle respecte tout le processus et elle l’a déjà été. Puisque la responsabilité du Front syndical a été assumée pour avoir su mandater en amont tous les militantes et les militants. Ainsi, le projet s’est inséré dans une bonne dynamique, mais surtout de manière articulée prenant en compte toutes les entreprises formelles, toutes les régions, tous les départements et toutes les localités. En ce sens, toute dérobade est exclue !
Attendu que l’élément déterminant et essentiel porte sur la réussite des actions à mettre en œuvre par le Front syndical avec les travailleurs-salariés. Il s’agit dans le cadre de nos interventions : comment permettre l’échange à partir du lieu du travail, comment faire appréhender le rapport des forces et la bataille des idées, dans l’attente d’une réponse concrète face à nos besoins fondamentaux ?
Attendu que les femmes et les hommes réfléchissent à partir de la réalité qu’ils vivent. C’est pourquoi le divorce entre l’Etat sénégalais et le monde du Travail [les syndicats des salariés et les syndicats patronaux] s’est traduit par une violation permanente de ses obligations internationales et nationales, en termes de respect sur le droit d’organisation et de négociation collective.
De ce point de vue, il y a lieu d’y faire face avec fermeté, avec promptitude, avec lucidité, mais avec efficacité. Que donc la bataille du Front syndical ne peut être une bataille isolée et détournée vers l’individualisme. Autrement dit, l’individualisation voulue par l’Etat et ses thuriféraires mène à la surexploitation et à l’éclatement des garanties collectives. Oui, pour une robuste mobilisation par une grève nationale en toute réussite… pour que vive la solidarité syndicale.
Ibrahima Khalil MENDY
Sg Syntips/Cnts & président du
Mouvement des permanents Cnts
