Ancienne ministre de la Microfinance et de l’économie sociale et solidaire, Victorine Anquediche Ndèye est accusée par son ancien Directeur de cabinet d’abus de confiance portant sur une somme de 100 millions. Entendue hier matin à la Sûreté urbaine de Dakar, elle affirme ne rien devoir à Ibrahima Fall, et annonce une plainte contre lui pour chantage et extorsion de fonds.
L’ancienne ministre Victorine Anquediche Ndéye a été entendue dans le cadre par la police suite à une plainte déposée contre elle par son ancien directeur de cabinet, El Hadji Ibrahima Fall. Ce dernier l’accuse d’abus de confiance portant sur 100 millions de francs CFA. Membre de l’Alliance pour la République (Apr) et maire de la commune de Niaguis, elle dénonce la pression et le chantage dont elle est victime.
« Je tiens quand même à manifester mon indignation suite à la plainte de mon ancien Directeur de cabinet qui me réclame la somme de 100 millions FCFA. C’est quand même assez désagréable parce que nous avons eu une collaboration qui était franche et où il a eu à me donner beaucoup de satisfaction. Et c’est ce qui explique qu’il soit passé de Conseiller technique à Directeur de cabinet. Donc c’est très regrettable qu’on puisse en arriver là« , déplore-t-elle, dans un entretien avec L’OBS.
D’où viennent les 100 millions FCFA dont on l’accuse d’abus de confiance ? « Il faudrait peut-être lui demander. Au début c’était 30 millions, ensuite 40, 50, 80… Aujourd’hui, je découvre 100 millions. L’un dans l’autre, en plus d’être Directeur de cabinet, c’est lui qui gérait les fonds du cabinet. Donc toutes les transactions allant dans ce sens, c’est lui qui s’en occupait. Me réveiller un beau matin et recevoir cette plainte… cette pression date de plus d’un an, depuis 2024 précisément », confie-t-elle.
Elle rembobine : « Tous ceux qui me sont proches ont eu à recevoir ses appels et menaces, il est allé jusqu’à appeler ma fille, qui est étudiante. Elle m’a appelée en mode panique en me disant «Maman tonton Ibrahima dit qu’il va te mettre en prison… » Je l’ai rassurée autant que possible, mais je n’ai jamais voulu porter plainte, eu égard aux relations que nous avions. J’ai fait le dos rond en me disant que les choses allaient se tasser. Malheureusement, il a mis ça sur la place publique, ce qui fait qu’après avoir été entendue par les enquêteurs, j’ai moi-même déposé une plainte contre lui pour extorsion de fonds et chantage. »
Quelle est l’origine de l’affaire exactement ?
Elle explique : « Je ne pense pas que vous donneriez à quelqu’un 100 millions sans qu’il vous fasse une reconnaissance de dette. C’est quand même trop facile, ça. Donc il s’est levé un beau jour pour vous coller une dette de 100 millions ? Mais je ne le comprends pas. 100 millions, c’est quand même énorme. J’ai eu à faire le dos rond parce que je gérais certaines choses, mais je ne mange pas de ce pain-là. On ne peut pas me faire chanter. Je n’ai pas cette frilosité, ça ne marche vraiment pas avec moi. »
« Ce chantage va cesser »
Elle conclut : « Je suis une femme publique, je fais attention à mon image. Je n’accepterai pas qu’on me traîne dans la boue. Et s’il faut se battre pour ça, je le ferai, quoi qu’il m’en coûte. Cela suffit. Vous avez été ministre, vous êtes également maire de la commune de Niaguis, ne craignez-vous pas que cette affaire ait des répercussions sur votre image et l’exercice de vos responsabilités. Non, je ne pense pas. Le nécessaire sera fait. Il apportera les preuves de ses accusations, et on verra bien où se trouve la vérité. »
