L’Argentine est confrontée à une réalité autrefois inimaginable: une équipe nationale sans Lionel Messi, légende du soccer.

Mardi, Messi, 39 ans, a fait ses adieux au football international après 21 ans de carrière, 126 buts, deux conquêtes de la Copa América et un titre de champion du monde.

Il a marqué sur un penalty et a mis la table pour deux autres buts de l’Argentine dans une victoire de 3-0 contre le Bénin.

Ce qui aurait pu être un match amical sans histoire contre cette nation ouest-africaine s’est transformé en un moment que ce pays passionné de soccer redoutait depuis longtemps.

Les Argentins entretenaient une relation intense, souvent impitoyable, avec ce garçon timide qui avait quitté sa ville natale de Rosario à 13 ans pour intégrer le centre de formation du FC Barcelone.

Alors qu’il devenait une icône mondiale au statut quasi mythique, ses compatriotes l’adoraient autant qu’ils le critiquaient, remettant parfois en question son attachement à son pays et l’accusant d’indifférence.

Mais à la fin de son incroyable carrière internationale, son dévouement à l’Argentine était indéniable. De même que celui de l’Argentine envers son plus célèbre joueur, dont les triomphes rappelaient au pays sa capacité à l’excellence malgré des années d’instabilité politique et économique.

Pendant des années, les Argentins ont débattu du moment et de la manière dont Messi devrait quitter la scène mondiale. L’annonce, le 31 août, de sa retraite internationale, quelques semaines après la défaite de l’Argentine face à l’Espagne en finale de la Coupe du monde, a suscité une vague d’émotion mêlée de gratitude et de tristesse – même si Messi continue de briller en MLS avec l’Inter Miami.

«Je ne sais pas s’il y a déjà eu une histoire d’amour aussi forte entre un joueur et une nation que celle que tu as bâtie», a écrit son coéquipier Rodrigo De Paul sur Instagram.

La Fédération argentine de soccer a transformé le match de mardi – le 208e de Messi – en un adieu national, présenté comme «le dernier tango». Plus de 85 000 billets pour le plus grand stade de Buenos Aires se sont vendus en 90 minutes.

Des joueurs des équipes d’Argentine championnes du monde en 1978, 1986 et 2022 étaient présents pour lui dire au revoir.

Après le coup de sifflet final, les yeux de Messi brillaient tandis que ses coéquipiers se rassemblaient autour de lui, l’applaudissant. Un chœur vibrant de «Olé, olé, olé, olé, Messi, Messi» a retenti des gradins, des dizaines de milliers de spectateurs sautant, chantant et s’inclinant devant lui comme en adoration.

Une banderole au milieu du terrain le proclamait «Capitaine éternel».

«Même dans les pires moments, je n’ai jamais cessé de me battre, de tout donner, de vouloir toujours être là, a déclaré Messi à la foule, qui rugissait comme s’il avait marqué un but. Je vous aime tous et vous allez tous me manquer. Je suis fier d’être Argentin.»

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