Une étude américaine révèle un lien entre le lithium dans l’eau potable et une maladie cardiaque rare chez les enfants. En France, les concentrations de lithium dans l’eau varient fortement selon les régions.

Le lithium, un oligo-élément utilisé pour traiter la dépression et les troubles bipolaires, est naturellement présent dans les eaux souterraines, à des concentrations variables. Or, selon une étude menée par l’université de Californie à San Francisco (UCSF), publiée dans The Journal of Clinical Investigation, les enfants vivant dans les zones où l’eau contient davantage de lithium présentent plus souvent un syndrome de Wolff-Parkinson-White (WPW). Cette maladie rare se caractérise par une connexion électrique supplémentaire dans le cœur, susceptible de provoquer des accélérations anormales du rythme cardiaque.

Un risque plus élevé dans les zones les plus exposées

Les chercheurs ont analysé les données médicales et la qualité de l’eau de plus de 2,3 millions d’enfants en Californie. Ceux qui résidaient dans les comtés les plus exposés avaient 71 % de chances supplémentaires de recevoir ce diagnostic. La prudence est toutefois de mise, car cette recherche ne démontre pas que le lithium provoque ces troubles : l’exposition réelle des enfants et de leur mère pendant la grossesse n’a pas été mesurée individuellement.

Pourquoi certains enfants naissent-ils avec cette connexion électrique anormale ? La question reste largement sans réponse. Ces voies supplémentaires se forment pendant le développement du fœtus et peuvent favoriser des tachycardies, des palpitations ou des malaises.

Les scientifiques se sont intéressés au lithium parce que des doses médicales de cette substance pendant la grossesse ont déjà été associées à certaines malformations cardiaques. « Nous connaissons ces voies depuis des décennies et savons comment les traiter, mais nous ne savions pas pourquoi elles se développaient », explique Gregory Marcus, cardiologue à l’UCSF et auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

D’après l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), l’eau du robinet en France contient entre 0,1 et 171 microgrammes de lithium par litre selon les régions. Ces niveaux pourraient augmenter à l’échelle mondiale, notamment en raison des rejets sauvages de piles jetables et de l’extraction du lithium dans les sols.

Il n’existe actuellement pas de norme de qualité environnementale (NQE) réglementaire spécifique au lithium. Dans une étude publiée en 2018, l’Ineris a néanmoins proposé une valeur moyenne de 4,6 µg/l comme concentration acceptable dans les eaux de surface en milieu naturel non contaminé. Cette estimation s’appuie sur des publications internationales, notamment en Lituanie, en Irlande, en Macédoine et aux États-Unis. Mais elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à un risque pour la santé.

Les scientifiques américains appellent donc à poursuivre les recherches pour déterminer si le lithium contribue réellement au développement de ces anomalies cardiaques, à quelle dose et à quel moment de la grossesse. En attendant, tout cela ne justifie pas de s’alarmer au sujet de l’eau du robinet.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicite