L’Intersyndicale de la boulangerie du Sénégal annonce un possible arrêt total de la production du pain sur l’ensemble du territoire national dès la première semaine de novembre 2026. Face à la hausse des charges et aux difficultés financières des entreprises, les quatre organisations syndicales réclament des mesures urgentes du gouvernement.
Une filière confrontée à des difficultés financières
La menace d’une interruption de la production du pain se précise au Sénégal. Dans un communiqué conjoint, l’Intersyndicale de la boulangerie, regroupant la FNBS, la RBS Authentique, la RBS et la CNBS, alerte sur la situation économique des entreprises du secteur. Les organisations dénoncent l’augmentation des charges et estiment que les conditions actuelles ne leur permettent plus de poursuivre leurs activités de manière viable. « Il est aujourd’hui financièrement impossible pour nos boulangeries de continuer à travailler à perte », déplorent-elles. Face à cette situation, les syndicats indiquent avoir transmis un mémorandum au Premier ministre et au ministre du Commerce. Ils sollicitent également la tenue urgente d’un Conseil interministériel pour examiner les mesures susceptibles de soutenir la filière.
Trois principales revendications sur la table
L’Intersyndicale formule trois principales revendications. La première concerne la fixation d’un prix unique du pain à 200 FCFA sur l’ensemble du territoire national, avec une réduction proportionnelle du poids dans les autres régions. À défaut, les syndicats demandent une baisse d’au moins 3 000 FCFA du prix du sac de farine, si le gouvernement entend maintenir le dispositif actuel. La deuxième revendication porte sur la fiscalité. Les organisations réclament des allègements adaptés aux difficultés économiques du secteur afin de réduire les charges supportées par les boulangeries. Enfin, elles demandent un assainissement de la filière, à travers l’application stricte du décret n° 2277, notamment concernant les règles de distribution et la « vérité du pain ».
Une tournée nationale avant un éventuel arrêt
En attendant une réponse des autorités, les quatre organisations annoncent avoir entamé une tournée nationale destinée à informer et à mobiliser leurs membres. Cette démarche intervient en prévision d’un éventuel mouvement de grève si leurs revendications restent sans suite. L’Intersyndicale appelle ainsi le gouvernement à engager rapidement des concertations et à prendre des mesures concrètes pour éviter une interruption de l’approvisionnement en pain. « En l’absence de mesures fortes actées par le gouvernement, un arrêt total de la production sera observé sur toute l’étendue du territoire national la première semaine du mois de novembre », préviennent les syndicats. Pour les organisations signataires, une telle décision serait dictée par les difficultés économiques des entreprises plutôt que par un simple choix syndical. Une interruption effective pourrait perturber l’approvisionnement des populations en pain, produit de consommation courante.
