Black Requiem : Ousmane Dia expose un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine

Inspirée par le meurtre de l’afro américain Georges Floyd, abattu par la police lors de son arrestation le 25 mai 2020 à Minneapolis, l’exposition Black Requiem de l’artiste plasticien Ousmane Dia est un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine. Elle se tient jusqu’au 30 mars prochain à la Galerie nationale d’art du Sénégal.

« Pour une restauration de toutes les dignités bafouées, un peu partout à travers le monde, Ousmane Dia nous présente une proposition artistique immersive qui raconte l’héroïsme, à travers la résistance contre les discriminations et violences raciales ». Dixit Aliou Ndiaye, commissaire de l’exposition « Black Requiem » qu’abrite la Galerie nationale d’art du Sénégal jusqu’au 30 mars prochain.  Cette exposition, dont le vernissage s’est tenu le jeudi 22 janvier 2024, oscille entre peintures acryliques sur toile, installations sculpturales et performance audiovisuelle. Elle a comme déclic fondateur le meurtre de l’afro américain Georges Floyd, tué par la police lors de son arrestation le 25 mai 2020 à Minneapolis. Artiste plasticien sénégalais et suisse, enseignant d’arts visuels, Ousmane Dia, dit Odia, vit et travaille à Genève depuis plus d’une vingtaine d’années.

Diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Dakar, il complète ses études avec un postgrade en sculpture à l’Ecole Supérieure d’Arts Visuels de Genève et obtient son diplôme en 2001. « C’est un travail que je suis en train de mener depuis trois ans et qui m’a été vraiment inspiré par le meurtre de George Floyd, qui a été lâchement assassiné aux États-Unis. Et puis aussi par rapport à ce que nous vivons, surtout en Occident, ce racisme anti noir qui devient de plus en plus récurrent.  Tout ce travail c’est un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine » explique Ousmane Dia, présent à Dakar à l’occasion du vernissage de l’exposition. Composé comme un chant liturgique dédié aux morts, Black Requiem est, dit-il, une façon de rendre hommage à toutes ces personnes qui ont perdu la vie de manière inacceptable, soit en essayant d’exprimer leurs opinions ou parce que tout simplement elles n’avaient pas la bonne couleur de peau. Elle est également construite comme un dialogue entre l’humain et le pouvoir politique, avec la représentation récurrente de la chaise comme symbole du pouvoir. A ce propos, Ousmane Dia ne se prive pas d’exprimer sa position sur la situation qui prévaut au Sénégal, notamment à travers des œuvres intitulées Gatsa Gatsa, Inconstitutionnalité ou encore Répression. Autre particularité de l’expo, la présence récurrente de portraits de femmes nues, dans des postures suggestives assumées. Ce qui ne renvoie pas à la sensualité ou l’érotisme vus sous le prisme occidental selon l’artiste. « Le côté sensuel, ça c’est une vision occidentale, mais en Afrique, des seins nus n’ont jamais été sensuels. J’ai toujours vu ma mère seins nus, en train de piler le mil à Tambacounda. Ce côté-là, le côté sensuel d’une femme, les seins… ça, c’est une vision occidentale, mais ce n’est pas une vision africaine. J’ai fait un choix délibéré. Si vous regardez bien, pour toutes les œuvres c’est des vrais modèles qui ont posé pour moi. Je discute avec les modèles de ce que j’ai envie de faire, je leur donne la chaise et je les laisse réfléchir. Finalement, je leur laisse la liberté de poser nues ou habillées et d’utiliser la chaise à leur guise. C’est un choix totalement libre » précise Ousmane Dia.

 

Mohamed NDJIM

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