Débrayages, grèves totales et marche nationale : le système éducatif sénégalais se dirige vers une nouvelle période de troubles. Le G7, qui constitue le principal groupe syndical dans le domaine de l’éducation, a prévu une série de manifestations d’indignation à compter du mardi 13 janvier 2026.

Cela pourrait entraîner un blocage du système éducatif national suite à une année scolaire 2024-2025 relativement pacifique.

L’information a été divulguée lors d’une conférence de presse du Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (SIENS), membre du G7, qui s’est tenue le lundi 12 janvier 2026 à Keur Massar.

Devant les médias, les dirigeants syndicaux ont réalisé une analyse rigoureuse et sans concession de l’application des accords signés avec l’État en 2018 et 2022.

Pour le G7, la stabilité de l’année scolaire passée ne doit pas être interprétée comme un retour à la normale pérenne. Selon les syndicats, elle découle de la détermination et du sens du devoir des enseignants, qui ont fait de considérables sacrifices pour maintenir les élèves et le calendrier scolaire en dépit de la non-observance continue des obligations de l’État.

Cette période de calme semble actuellement précaire à cause de la torpeur du comité de suivi des accords, dont la tâche est d’évaluer leur mise en œuvre et de favoriser le dialogue entre les intervenants.

De nombreuses revendications qui demeurent non résolues

Le G7 critique une série de problèmes structurels qui affectent tout le secteur. Parmi les principales revendications, on note : la finalisation des décrets en attente ; la révision du système de rémunération et l’égalité salariale ; les retards constants dans le versement des salaires des enseignants contractuels ; le règlement des indemnités pour examens (BFM, baccalauréat, formation professionnelle et technique) ; l’élimination des surcharges fiscales liées aux rappels et indemnités ; l’absence de budgets opérationnels pour les écoles et établissements ; la gestion des bourses de formation pour les élèves-professeurs et la refonte des statuts du personnel éducatif ainsi que du régime de retraite.

Les syndicats dénoncent aussi l’exclusion du G7 des actions ministérielles et le gel des cotisations syndicales, qu’ils considèrent comme une manœuvre pour étouffer financièrement le mouvement syndical. Le G7 a choisi de mettre en œuvre un second plan d’action, face à ce qu’il considère comme une constante procrastination et un manque de détermination politique.

Mardi 13 janvier 2026 : débrayage à 9 h dans toutes les structures éducatives ; mercredi 14 janvier 2026 : grève totale ; jeudi 22 janvier 2026 : débrayage à 9 h suivi d’une marche nationale à Thiès ; vendredi 23 janvier 2026 : nouvelle grève totale.

2026, une année scolaire placée sous tension intense

Avec ce renouveau du mouvement syndical, l’année scolaire 2025-2026 se profile sous un climat de tension élevée, risquant de provoquer une interruption prolongée des cours si les autorités n’apportent pas une réponse tangible.

Le G7 demande au gouvernement de commencer immédiatement de véritables pourparlers, jugeant que les enseignants ont déjà atteint le point de non-retour en matière de concessions. Les syndicats mettent en garde qu’en l’absence de cela, la stabilité de l’école sénégalaise ne pourra plus être assurée.

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