Le bras de fer numérique autour du rappeur sénégalais Ngaaka Blindé ne faiblit pas. Depuis la sortie de son single « Yakaar Bou Tass », l’artiste essuie une salve de critiques émanant de militants et sympathisants du Pastef, dans un climat politique toujours sensible.
Dans ce titre, qui passe en revue plusieurs sujets d’actualité perçus comme défavorables au régime en place, le rappeur adopte un ton frontal. Une posture qui irrite certains « patriotes », lesquels contestent la sincérité de son engagement artistique. Ils rappellent notamment sa détention passée dans une affaire de faux billets et pointent du doigt ce qu’ils qualifient de silence durant la séquence politique agitée allant de mars 2021 à février 2024.
La riposte ne s’est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les partisans de Ngaaka Blindé ont exhumé le clip « Sunu Drapeau », un morceau engagé interprété en collaboration avec KBC.
Mis en ligne le 8 mars 2021, le titre s’inscrivait dans le contexte des manifestations de cette période et portait un plaidoyer appuyé en faveur des idéaux démocratiques. Dans la vidéo, l’artiste lançait : « Un peuple -Un but – Une foi… Ce peuple de foi n’a qu’un but aujourd’hui, c’est de sauver la démocratie ! (…) Le pouvoir doit revenir au peuple ! »
Pour ses soutiens, cette prise de position atteste d’une constance dans l’engagement du rappeur. Ils estiment que ses sorties musicales, même lorsqu’elles dérangent, traduisent une ligne artistique cohérente, indépendante des attentes ou des appartenances partisanes.
