Le Sénégal vient de franchir un palier dangereux dans la rhétorique de la violence. En appelant explicitement les jeunes d’un parti politique à «verser leur sang» pour défendre un projet, l’imam Al Amin Dra­mé ne se contente plus de critiquer : il recrute pour le chaos et le sang. Le sang des jeunes n’est pas un condiment politique.
Il est inadmissible qu’au XXIe siècle, une autorité religieuse, censée être le gardien de la vie et de la paix, incite la jeunesse, fer de lance de notre Nation, à la mort. Le sang des Sénégalais est sacré ; vouloir l’utiliser comme monnaie d’échange pour des ambitions partisanes est une trahison de la mission spirituelle et une mise en péril de l’Etat de Droit.
Un tel appel est une attaque frontale contre la sécurité de l’Etat et l’ordre public. En érigeant la violence physique en vertu militante, ce discours prépare le terrain à l’anarchie comme entre 2021 et 2024. Les institutions ne peuvent rester muettes face à ce qui s’apparente juridiquement à une incitation à la violence et à l’atteinte à la sûreté de l’Etat.
Nous interpellons la conscience de chaque citoyen : pouvons-nous accepter que nos enfants soient transformés en «chair à canon» sous prétexte de convictions politiques ? La politique doit être un débat d’idées, pas un champ de bataille sanglant. Nous demandons aux autorités judiciaires de traiter cette affaire avec la plus grande fermeté. Laisser passer un tel précédent, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives. La liberté de culte et d’opinion ne saurait être un permis de prêcher le sacrifice des citoyens.
Le Sénégal restera un pays de Droit, pas un théâtre de tragédies provoquées.
Cheikh NDIAYE
Responsable politique Apr/Grand-Yoff 

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