Les autorités pointent l’implication des personnes arrêtées dans les attaques coordonnées menées le 25 avril dernier par la coalition JNIM-FLA contre sept localités maliennes, dont Bamako et Kati, bastion du pouvoir militaire. Celles-ci ont fait plusieurs victimes civiles et militaires, dont le ministre de la Défense Sadio Camara, numéro deux du régime.
Parmi les quatre militaires arrêtés, il y a, Soïba Diarra, ancien proche de l’opposant politique malien en exil Oumar Mariko. Ce militaire à la retraite avait déjà été impliqué dans le coup d’état du 22 mars 2012, qui avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré.
Selon le parquet militaire de Bamako, plusieurs autres suspects, actuellement en fuite, sont activement recherchés pour leur implication présumée dans les attaques du weekend dernier.
Soupçon et suspicion
« Pour pouvoir attaquer Kati, l’endroit le plus sécurisé du pays, il faut forcément un soutien interne. Cela a été minutieusement préparé », estime Issiaka, livreur à Bamako. « Les Bambaras disent qu’une seule graine d’arachide pourrie peut contaminer tout le sac. Il y a forcément eu une complicité entre certains éléments de nos forces de défense et de sécurité et les terroristes pour pénétrer aussi facilement dans la ville garnison de Kati et faire autant de dégâts. C’est un vaste complot. »
À l’annonce des noms des présumés co‑auteurs et complices des attaques du 25 avril, visant des sites militaires sensibles ainsi que le domicile privé de Sadio Camara. le ministre de la Défense, des images des personnes arrêtées ont été massivement relayées sur les réseaux sociaux.
Une pratique dénoncée par ce citoyen, qui a requis l’anonymat. Il appelle au respect de la présomption d’innocence : « Lorsqu’on soupçonne l’implication de quelqu’un, surtout un chef de famille, et qu’on le présente sur les réseaux sociaux comme coupable avant toute décision de justice, on porte atteinte à son honneur et à sa dignité. Tant que les faits ne sont pas établis, nous devons faire preuve de retenue et laisser la justice faire son travail. »
C’est dans ce contexte que dans la nuit du samedi 2 à dimanche 3 mai, l’avocat et homme politique Maître Mountaga Tall, ancien ministre, ex‑député et figure majeure du mouvement démocratique malien, a été enlevé à son domicile à Bamako par des hommes cagoulés, circulant à bord de véhicules banalisés, selon la famille de Maître Tall.
