Le feuilleton Pape Thiaw n’a pas fini de faire parler de lui. Alors que l’incertitude plane toujours sur son départ, l’éventualité de voir Patrick Vieira, Hervé Renard ou Omar Daf prendre rapidement la relève semble s’éloigner, laissant place à une crise qui menace l’avenir de la sélection. Et pour cause : le coup d’envoi des qualifications pour la CAN 2027, prévu entre le 21 septembre et le 6 octobre 2026, ne connaît pas de délai, rapporte Dsport.
Après une qualification inattendue en phase à élimination directe au Mondial 2026, le Sénégal s’est finalement écroulé face à la Belgique. La fin d’une aventure qui aurait pu ouvrir une nouvelle ère. Mais qui, au contraire, a déclenché une crise interne sans précédent. La fédération décide alors de se séparer de Pape Thiaw. Mais la signature d’un nouveau contrat, négocié dans l’urgence avant le choc face à la Norvège, tourne au casse-tête. La volonté de la fédération et de l’État de le remplacer ou de le maintenir est plus floue que jamais.
Gestion chaotique, enjeux financiers explosifs
Le contrat de Pape Thiaw, signé dans des conditions houleuses, en dit long sur la crise interne qui a secoué la sélection nationale. Initialement fixé à 20 millions FCFA par mois, il a été revu à la hausse, jusqu’à réclamer 50 millions FCFA par mois, plus d’1,4 milliard FCFA en primes, dont une prime de signature de 360 millions CFA. Des demandes qui ont mis la fédération face à un mur.
La situation est exacerbée par la position de l’État, principal financeur, qui refuse de signer la prolongation, invoquant notamment les revalorisations salariales négociées peu avant l’élimination. La ministre des Sports, Djireye Clotilde Coly, aurait clairement signifié que l’État ne souhaitait pas assumer ces coûts supplémentaires. La crise financière devient ainsi le catalyseur d’un conflit de gouvernance, menaçant la stabilité du projet sportif.
Une crise qui met en péril l’avenir
L’avenir de Pape Thiaw reste en suspens, alors que Patrick Vieira, pressenti pour lui succéder, se trouve en vacances à Dakar, laissant planer le doute sur sa venue. Hervé Renard, double champion d’Afrique, et Omar Daf, ancien héros national, attendent leur tour. Mais leur recrutement immédiat semble compromis par cette instabilité.
Entre gestion chaotique et crise de gouvernance, le Sénégal doit rapidement clarifier sa trajectoire, sous peine de compromettre ses ambitions immédiates. Chaque décision devient un enjeu politique majeur, chaque retard, un risque pour la suite. La gestion de cette succession incertaine pourrait bien définir l’avenir du football sénégalais.
Le temps joue contre les décideurs. À l’aube des qualifications pour la CAN, la sélection nationale, plus que jamais, a besoin d’une direction forte, d’un projet précis pour se relever. Avec cette génération talentueuse, un renouveau stratégique pourrait bien être leur coup de maître…
