Notre forme physique pourrait devenir un indicateur de longévité. Dans JAMA Network Open, des chercheurs taïwanais révèlent qu’un test basé sur différents exercices permet d’estimer le risque de décès chez les personnes âgées de plus de 65 ans. 

La forme physique peut-elle devenir un outil prédictif ?

« Une activité physique régulière favorise un vieillissement en bonne santé », soulignent-ils en introduction de leur étude. Cela réduit le risque de pathologies cardiovasculaires, mais aussi de décès prématuré. Pourtant, les capacités physiques sont rarement prises en compte dans l’évaluation du risque clinique. « Les modèles pronostiques actuels reposent largement sur la charge de comorbidité et sur des indicateurs spécifiques à certaines maladies ; or, ces éléments présentent un intérêt limité pour la population générale des personnes âgées », développent-ils. L’équipe, qui rassemble des spécialistes de différentes universités taïwanaises, a donc émis l’hypothèse qu’une évaluation objective de la condition physique pourrait « constituer un indicateur cliniquement pertinent de la réserve physiologique ».

Cette notion désigne la capacité de résistance au stress, aux aléas et au changement. « Le vieillissement biologique transforme progressivement l’adulte en bonne santé en un individu vulnérable en diminuant ses capacités de réserves physiologiques globales, explique Santé publique France. Ce phénomène (…) confère un risque élevé d’évolution défavorable telle que la survenue de maladies chroniques, la perte d’autonomie, l’institutionnalisation et le décès. » 

Des tests physiques pour évaluer le risque de décès des personnes âgées 

Pour comprendre les liens avec la forme physique, les chercheurs ont utilisé les données d’une cohorte incluant plus de 13.000 adultes, âgés de 65 ans ou plus. Tous avaient effectué des évaluations standardisées de leur condition physique entre janvier 2015 et novembre 2016. « Les données des participants ont été couplées aux dossiers de l’Assurance maladie nationale, avec un suivi s’étendant jusqu’au 31 décembre 2022″, indiquent les auteurs. Différents critères ont permis d’évaluer la forme physique des participants : la capacité cardiorespiratoire, grâce à un test de marche sur place de 2 minutes, la force musculaire avec des flexions du bras et des levers de chaise de 30 secondes, la souplesse en faisant des exercices de toucher des mains dans le dos et de flexion du tronc assis sur une chaise. Pour l’équilibre et l’agilité, les scientifiques se sont appuyés sur deux types d’exercices : la station debout sur un pied et le « Timed up & go », un test destiné aux personnes âgées, où elles doivent se lever d’une chaise, marcher quelques mètres et se rasseoir le plus vite possible. Ces différents éléments ont permis aux scientifiques de créer un indice de condition physique en additionnant les résultats obtenus aux différents tests. 

Gériatrie : intégrer la condition physique à l’évaluation des risques 

« Une meilleure condition physique a été associée à une mortalité toutes causes confondues plus faible au cours d’un suivi médian de 7 ans, concluent les auteurs. L’équilibre et l’agilité, la force du bas du corps ainsi que la capacité cardiorespiratoire étaient associés aux risques les plus faibles de mortalité toutes causes confondues. » Dans l’étude, les personnes classées parmi le cinquième de participants les plus en forme avaient un risque de décès 61 % inférieur à ceux du cinquième des participants les moins en forme.

Pour les auteurs, ces résultats suggèrent que l’intégration d’une évaluation objective, et non pas déclarative, de la condition physique en gériatrie et en médecine interne pourrait améliorer l’évaluation du risque de décès chez les personnes âgées. Ils estiment que cela pourrait aider mettre au point des interventions personnalisées destinées à améliorer les capacités fonctionnelles chez les personnes âgées.

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