Le président américain Donald Trump a qualifié mercredi de « quasi routinière » la mission effectuée cette semaine à Moscou par le directeur de la CIA, John Ratcliffe, écartant les informations selon lesquelles cette visite serait liée à de potentielles menaces militaires russes contre l’OTAN ou le Royaume-Uni.
« Aucune de ces hypothèses », a déclaré Trump au commentateur politique Glenn Beck, interrogé sur les rumeurs selon lesquelles la Russie chercherait à tester la détermination des alliés ou préparerait une frappe contre le Royaume-Uni.
Il a décrit Ratcliffe comme un « type formidable » et assuré que celui-ci ne s’était pas rendu dans la capitale russe pour ces raisons.
« Maintenant, quelque chose pourrait en ressortir. Nous travaillons très dur pour mettre fin à cette guerre », a-t-il déclaré à propos du conflit entre la Russie et l’Ukraine, déclenché en février 2022.
Trump a affirmé que Moscou et Kiev semblaient prêts à parvenir à un accord, estimant que, « franchement, les deux parties souhaitent désormais voir cette guerre prendre fin ».
Le Kremlin a confirmé que la visite effectuée mardi à Moscou par Ratcliffe avait donné lieu à des contacts entre les services de sécurité. Il s’agissait de la première visite d’un directeur de la CIA à Moscou depuis 2021.
Ratcliffe n’a pas rencontré le président russe Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que Poutine avait été informé de la teneur des discussions.
Citant des personnes informées du déplacement, le Wall Street Journal a rapporté mercredi que la visite surprise de Ratcliffe à Moscou visait notamment à mettre en garde la Russie contre toute attaque visant des membres de l’OTAN.
Cette visite est intervenue après de nouvelles évaluations des services de renseignement américains, selon lesquelles Poutine pourrait chercher à tester la détermination de l’OTAN en lançant, dans les prochaines années, une attaque limitée contre l’un des membres de l’Alliance, d’après le quotidien.
Les responsables américains craignent que la Russie, confrontée à des difficultés dans sa guerre contre l’Ukraine et à une pression intérieure croissante, puisse envisager des actions allant de cyberattaques à une incursion militaire limitée, visant potentiellement l’un des États baltes, selon le journal.
Les pénuries de munitions occidentales essentielles pourraient constituer un autre facteur, selon le Wall Street Journal. Les stocks d’armes américains ont diminué en raison des livraisons à l’Ukraine depuis le début de la guerre menée par la Russie en 2022, ainsi que des besoins liés au conflit impliquant l’Iran.
Le déplacement de Ratcliffe a donc permis à Washington d’adresser un avertissement direct à Moscou, tout en maintenant les contacts entre les services de renseignement des deux pays.
