Le député Abdou Mbow a chargé le gouvernement à l’occasion de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Devant l’assemblée, l’élu a fustigé neuf mois d’action qu’il juge « sans profondeur » et a dressé un tableau alarmant de la situation économique et sociale du pays , rapportent nos confrères de dakaractu.
Prenant la parole, Abdou Mbow a d’emblée égratigné le contenu de l’allocution gouvernementale, qu’il a qualifiée de « résumé sans profondeur fabriqué par un cabinet ». Selon lui, l’exécutif se méprend sur la réalité du terrain. « Vous croyiez que cela suffirait pour remplacer la réalité, vous vous êtes malheureusement trompé. Ce bilan est celui de Sonko et de Diomaye », a-t-il lancé, estimant que le courage d’être présent à la tribune ne saurait occulter un bilan qu’il juge négatif.
Le député a centré son intervention sur la détresse des ménages. « Une seule question possède les Sénégalais : comment manger demain », a-t-il martelé, dénonçant une vie chère qui touche les produits de première nécessité. « Le lait, le pain, le loyer, tout augmente », a-t-il énuméré, devant un gouvernement qu’il accuse d’être « totalement absent ».
Sur le volet économique, Abdou Mbow a dénoncé une gestion qu’il juge désastreuse, évoquant « l’inflation », « la liquidation de notre économie », la fermeture d’usines et la fuite des investisseurs. Il a également pointé du doigt la gouvernance morale du régime. Selon lui, certains membres de l’exécutif sont plus occupés à « vendre des biens publics » ou à servir leur « propre parti politique », ce qui, d’après ses dires, conduit à une « prévarication à ciel ouvert ». « Ils ramassent, ils contribuent à leur appareil politique. Mais construisent-ils le Sénégal en ce moment ? », s’est-il interrogé, accusant le gouvernement de privilégier les intérêts partisans au détriment de l’intérêt général.
Le parlementaire a ensuite adressé une interpellation directe au chef du gouvernement et à son équipe. « Qui s’occupe des Sénégalais et de leurs problèmes ? Personne », a-t-il clamé, passant en revue les manquements selon lui criants dans les secteurs sociaux. Il a ainsi déploré l’absence de mesures pour baisser les prix, créer des emplois, améliorer la santé, l’éducation ou encore garantir la sécurité des citoyens. « Vous n’avez pas le temps pour les Sénégalais, vous n’avez que le temps pour la politique », a-t-il asséné.
