Le Secrétaire général de Pastef démissionnaire, Bassirou Diomaye Faye, depuis le lancement de son mouvement Kiiraay, agit de plus en plus avec la froideur implacable du défroqué réveillé de ses hallucinations dévotes vis-à-vis de ses anciens compagnons de misère et de ce mirage d’une décennie que constitue le fantomatique «Projet».

Est-ce le pic que cette drôle de semaine durant laquelle le président de la République, mine de rien, reprend petit à petit les rênes de son pouvoir ? Certes, le chef de l’Etat a la mauvaise idée de partager ses attributions particulières dès le 1er avril 2024 avec son idole récemment déchue, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale par effraction, ci-devant Premier ministre.

Dédicace à Abdou Salam Kane «ASAK», puriste de la langue française et non moins flamboyant précurseur du journalisme satirique, pour sa leçon la semaine passée sur l’usage de «ci-devant»… Il n’est pas comme le glandeur Mamadou Amath qui n’ivoirien du tout depuis sa retraite imaginaire.

Cela dit, revenons à notre rédemption présidentielle… Déjà, le jeudi 10 septembre 2026, le communiqué du Conseil des ministres publié en soirée fait l’effet d’une déflagration dans les salons où ça papote carrières et avenir : près de quatre-vingts présidents de conseil d’administration, directeurs de société nationale ou de service sont virés. 

Un chamboulement qui ressemble à s’y méprendre à une purge…

Après la mise en branle de Kiiraay qui a tout l’air d’un appareil électoral dont les premiers objectifs sont une razzia sur les prochaines Locales, et sans doute, les Législatives anticipées, le Président Bassirou Diomaye Faye passe à la vitesse supérieure : couper les vivres à Pastef…

En plus de se séparer de hauts fonctionnaires qui font office de taupes au profit de ses pires amis (ou meilleurs ennemis, c’est selon) aux postes stratégiques de l’Administration, le chef de l’Etat prend la sage précaution de priver ses futurs concurrents aux prochains scrutins des moyens financiers et logistiques qui pourraient leur permettre de battre campagne efficacement contre ses troupes. En clair, les ouailles de Ousmane Sonko viennent de se voir sevrées des fameux fonds politiques (ou ce qui y ressemble), lesquels constituent, ces dernières semaines, le sujet principal du Parlement, ce nouvel antre de Pastef…

 Injuste retour de bâton ? Chienne de vie.

Ça se remet à peine de ses émotions du jeudi que le président de la République, accompagné d’une de ses épouses, en présence de la présidente du Cio, Kirsty Coventry, reçoit le surlendemain, samedi 12 septembre 2026, des mains du président du Cojoj, Mamadou Diagna Ndiaye, qui ramène en terre d’Afrique pour une première, la flamme allumée à Athènes deux jours auparavant, devant le gratin de l’olympisme mondial.

On a la baraka, ou on ne l’a pas ?

La torche sera par la suite remise aux cent Linguères triées sur le volet, des femmes aux parcours remarquables, drapées et enturbannées aux couleurs du feu, et qui affichent une insolente forme olympique, même si certaines ne sont plus, euh, de toute première jeunesse ; ces pétulantes dames entameront un parcours le long de la Corniche jusqu’à la Place du Souvenir africain, où la foule se presse pour voir ça au lieu de se le faire raconter. 

Mais c’est sur le parvis de l’Hôtel de ville de Dakar que sera lancé le parcours de trois mille six cents kilomètres qu’effectuera la torche olympique pour sillonner nos quatorze régions avant de revenir dans la capitale le 30 octobre, la veille de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse. 

Y’a assez de temps pour passer par toutes les émotions d’ici là ?

Le temps présidentiel étant précieux, surtout quand la case de Bourama brûle, le président de la République prendra l’avion dès le dimanche 13 septembre pour passer deux jours à Washington. Il y papotera avec Kristalina Georgieva, la Directrice générale du Fmi, à propos, entre autres austères sujets sonnants et trébuchants, des deux milliards de dollars d’appui à l’Administration sénégalaise dont le sort se jouera bientôt lors du Conseil d’administration du gendarme mondial de la finance.

Ce qui a le don d’énerver les deux pelés et trois tondus militants de Pastef, venus de New York exprès, déterminés à déchirer le gros chèque du Fmi, rien qu’avec leurs affichettes et leurs slogans.

Cette fois, vous remarquerez que le Président sénégalais ne croisera apparemment pas le tonitruant homologue américain et n’évoquera donc pas des questions aussi fondamentales que les bobos à l’âme d’un Prix Nobel contrarié ou de l’opportunité d’un indispensable parcours de golf. 

Prière de ne pas ricaner.

Bassirou Diomaye Faye, au pas de charge, rencontrera également des pontes de la Banque mondiale et quelques privés américains dont un mastodonte de la cybersécurité qui prévoit d’investir des montants colossaux au pays du président Ousmane Sonko.

Le temps étant de l’argent, le Président sénégalais s’envolera aussitôt après pour Abu Dhabi, dans les Emirats arabes unis, pour y discuter sérieusement d’avenir, de relations diplomatiques renforcées, sans doute de coopération. Comme un vrai chef d’Etat ?

Il en aura mis du temps à comprendre que c’est lui, et pas Sonko, le Président…

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