Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj excluent tout accord avec La France insoumise, tandis qu’Olivier Faure et Emmanuel Maurel défendent la nécessité de maintenir des convergences à gauche

Les relations avec La France insoumise (LFI) et Jean-Luc Mélenchon ont cristallisé mercredi soir les principales divergences entre les cinq candidats à la primaire de la gauche sociale-démocrate française, lors de leur premier débat télévisé en vue de l’élection présidentielle de 2027.

Réunis sur LCI, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont confronté leurs positions pendant plus de deux heures sur plusieurs dossiers, dont le pouvoir d’achat, l’écologie, la politique internationale et les futures alliances électorales.

C’est sur ce dernier sujet que les échanges se sont particulièrement tendus, le dirigeant de Place publique, Raphaël Glucksmann ayant catégoriquement exclu toute alliance avec LFI, aussi bien pour la présidentielle que pour les élections législatives qui suivront.

« Il n’y aura pas d’alliance aux législatives avec La France insoumise », a-t-il affirmé, assurant que des candidats de la « gauche démocratique » seraient présentés dans toutes les circonscriptions.

Glucksmann a également estimé qu’une telle stratégie permettrait de rallier des électeurs partageant des positions de gauche sur les questions sociales, écologiques ou européennes, mais refusant une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Jérôme Guedj a défendu une ligne similaire, affirmant qu’il ne s’allierait « plus jamais » avec LFI.

Le député de l’Essonne, qui entend incarner une « gauche républicaine », a rappelé son opposition à l’alliance conclue avec LFI lors des élections législatives de 2024.

À l’inverse, Olivier Faure a défendu la nécessité de conserver des convergences avec les autres composantes de la gauche.

Le premier secrétaire du Parti socialiste a notamment fait valoir que les députés socialistes votaient fréquemment dans le même sens que les élus insoumis, communistes et écologistes à l’Assemblée nationale.

« Nous aurons besoin à un moment dans l’Hémicycle de retrouver les forces de gauche », a-t-il déclaré, avant d’appeler à ne pas « cracher sur le reste de la gauche ».

Faure a également estimé nécessaire de reconquérir les électeurs qui ont jusqu’ici choisi Jean-Luc Mélenchon.

Ségolène Royal a, elle aussi, critiqué la place prise par LFI dans les discussions entre les candidats, estimant qu’il existait une « obsession » autour du mouvement de Jean-Luc Mélenchon et que celle-ci contribuait à le replacer au centre du débat.

Emmanuel Maurel s’est pour sa part refusé à définir la primaire uniquement par opposition à Mélenchon. Le député du Val-d’Oise a déclaré ne pas vouloir anticiper les alliances qui pourraient être conclues après la présidentielle.

Il a toutefois défendu le principe d’un rassemblement de la gauche, voire d’un « front républicain », dans l’hypothèse d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

Les responsables de La France insoumise n’ont, pour l’heure, pas réagi.

Les cinq candidats ont affiché davantage de convergences sur plusieurs questions économiques et sociales, notamment la nécessité d’améliorer le pouvoir d’achat et de renforcer la justice fiscale, même si des différences sont apparues sur les moyens d’y parvenir.

La primaire réunit trois candidats issus du Parti socialiste, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Ségolène Royal, ainsi que Raphaël Glucksmann pour Place publique et Emmanuel Maurel pour la Gauche républicaine et socialiste.

Le premier tour est prévu les 9 et 10 octobre, avant un éventuel second tour les 16 et 17 octobre. Deux autres confrontations télévisées doivent se tenir avant le scrutin, dont une le 1er octobre sur France 2 et France Inter, puis une dernière sur BFMTV.

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