Des chercheurs ont trouvé qu’un médicament contre l’asthme pourrait aussi aider les femmes enceintes qui ont des risques élevés d’accouchement prématuré.
Avant de tenter de mettre au point des médicaments capable de stopper le travail prématuré des femmes enceintes, les chercheurs de Vanderbilt Health (USA) ont eu l’idée d’examiner 1.191 traitements déjà approuvés par l’autorité américaine Food and Drug Administration (FDA) pour d’autres utilisations.
« Plutôt que de partir de médicaments entièrement nouveaux, nous nous sommes demandé si des médicaments déjà approuvés par la FDA pour d’autres affections pouvaient avoir des effets jusqu’alors insoupçonnés sur l’utérus », explique la Pr Shajila Siricilla qui a dirigé l’étude parue dans Science Translational Medicine.
La chercheuse et son équipe ont ainsi trouvé plusieurs traitements potentiels contre les accouchements prématurés.
Accouchement prématuré : un médicament contre l’asthme se révèle prometteur
Pour ces travaux, les scientifiques ont sélectionné les médicaments en fonction de leur capacité à inhiber l’activité musculaire utérine et à agir préférentiellement sur les muscles lisses de l’utérus. Les traitements devaient également se montrer sûrs et efficaces. « Le repositionnement de médicaments est particulièrement intéressant, car on dispose déjà d’informations substantielles sur leur pharmacologie et leur utilisation clinique, ont indiqué les chercheurs », précisent les auteurs dans un communiqué.
En examinant tous les médicaments approuvés, le ciclésonide, un traitement contre l’asthme persistant chez l’adulte et l’adolescent, s’est révélé être particulièrement intéressant contre le travail précoce.
« Notre étude a repéré le ciclésonide pour son activité sélective au niveau utérin et sa capacité à inhiber les contractions du myomètre (couche musculeuse interne de la paroi de l’utérus). Ce qui soulève la possibilité intéressante que ce même médicament réorienté puisse finalement avoir une pertinence avant et après une naissance prématurée », indique par exemple Jennifer Herington, auteure principale.
Ciclésonide : il faut des tests supplémentaires avant de le donner aux femmes enceintes
« Nos résultats ne signifient pas que ces médicaments sont prêts à être utilisés cliniquement pour le traitement du travail prématuré. Ils identifient plutôt des candidats prometteurs pour un développement ultérieur et démontrent une stratégie systématique pour trouver des traitements potentiellement plus sûrs et plus efficaces parmi les médicaments existants », précise Pr Herington.
Le repositionnement de ce médicament – dont les effets indésirables et les contre-indications sont déjà bien connus – est particulièrement intéressant, car, comme le rappellent les chercheurs, tout « le temps supplémentaire passé dans l’utérus peut être important pour le développement fœtal ».
