Lors d’une réunion préparatoire à la COP31 aux îles Fidji, le chef de l’ONU Climat a mis en garde contre les risques des chaleurs extrêmes, liées au réchauffement climatique, pour les femmes enceintes.

Plus les années passent, plus les épisodes de canicule se multiplient. Selon l’ONU Climat, la hausse de la température mondiale est en passe de dépasser le seuil de 1,5 °C, probablement d’ici quelques années, portant les risques sanitaires et les impacts climatiques à des niveaux de plus en plus dangereux. « Il n’y a pas d’issue favorable si nous restons au-dessus de 1,5 °C. À travers le monde, les vagues de chaleur extrêmes démontrent déjà que les impacts climatiques surviendront plus vite, frapperont plus fort et dureront plus longtemps, coûtant davantage de vies et provoquant des perturbations plus profondes », a déclaré, le 2 septembre dernier, Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), avant de souligner la nécessité « d’intensifier l’action climatique. »

Prématurité, faible poids de naissance, mortinaissance… Les risques de la canicule sur les grossesses

À l’occasion d’une réunion préparatoire à la COP31 aux îles Fidji, Simon Stiell, le secrétaire exécutif de l’ONU pour les changements climatiques, a alerté sur les conséquences possibles des fortes températures pour les femmes enceintes et leurs bébés. « Les chaleurs extrêmes induites par le climat durant la grossesse sont de plus en plus souvent associées aux accouchements prématurés, aux mortsinaissances, aux faibles poids à la naissance et aux complications maternelles. » Le chef de l’ONU Climat est revenu sur les résultats d’une récente enquête, commandée par Wellcome, qui a été menée auprès de professionnels spécialisés dans la santé maternelle dans cinq pays répartis sur cinq continents. Ceux-ci révèlent que près de 73 % des professionnels de santé ont signalé une hausse des cas ou des complications liés à la chaleur au cours des cinq dernières années. Plus de quatre personnes interrogées sur cinq se disent préoccupées, voire très préoccupées, par le fait que la chaleur extrême menacera de plus en plus la santé des mères, des fœtus et des nouveau-nés si aucune mesure supplémentaire n’est prise. La quasi-totalité des répondants ont signalé avoir pris en charge des patientes dont la santé a, selon eux, été affectée par la chaleur extrême.

« La grossesse devrait être une période d’espoir » mais « elle devient une période d’anxiété »

Concrètement, le trajet d’une future mère vers une clinique peut être retardé par la canicule et il peut être difficile pour une sage-femme de travailler dans des conditions météorologues dangereuses. Derrière ces chiffres se trouvent des histoires humaines : un nouveau-né ayant besoin de soins spécialisés, souvent très insuffisants dans les pays vulnérables, ou encore une famille accablée d’inquiétude.

« La grossesse devrait être une période d’espoir. Mais, pour des millions de personnes, elle devient une période d’anxiété, alors que les effets des changements climatiques font peser des risques sur tous les aspects de la vie quotidienne. À mesure que les chaleurs extrêmes s’aggravent, la grossesse et l’accouchement deviennent une nouvelle ligne de fracture dans la crise climatique mondiale, une ligne de fracture potentiellement mortelle. Un accouchement sans danger dépend déjà trop souvent du lieu de vie, du revenu et de l’accès aux soins. Sans action, la chaleur extrême aggravera cette injustice. Les mères, les sages-femmes, les médecins, les infirmières et les familles parlent à partir de leur expérience vécue. Nous devons les écouter. Nous ne pouvons pas laisser l’aggravation des effets climatiques devenir des obstacles permanents pour les maternités et les familles du monde entier », a signalé Simon Stiell.

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