Arbitrage juridique majeur au sommet de l’État. Saisi par le Premier ministre le 28 septembre dernier, le Conseil constitutionnel a rendu ce lundi 5 octobre 2026 sa décision n°9/C/2026, déclarant irrecevable la proposition de loi n°37/2026. Ce texte visait à modifier l’article 20 du Code pétrolier pour imposer la tenue d’un débat obligatoire à l’Assemblée nationale avant l’approbation de tout contrat de partage de production.
Une bataille de compétences entre pouvoir législatif et pouvoir réglementaire
Au cœur du litige opposant l’exécutif au parlement siégeait la frontière entre le domaine de la loi et celui du règlement :
La position de l’Assemblée nationale : Défendue par son président, la mesure entendait renforcer la transparence et l’information de la représentation nationale sur la gestion des ressources naturelles, en prévoyant un débat en séance plénière (sans vote) avant l’approbation du contrat par décret présidentiel.
L’argument du Gouvernement : Le Premier ministre soutenait que cette disposition constituait une entrave et une condition préalable illégale imposée à l’exercice du pouvoir réglementaire de l’Exécutif.
Les motifs de l’irrecevabilité retenus par les Sages
Dans sa décision, la haute juridiction constitutionnelle a tranché en faveur de l’Exécutif :
Atteinte aux prérogatives présidentielles : Le Conseil a estimé que l’obligation d’un débat préalable à l’Assemblée ne relevait pas simplement du droit d’information ou de contrôle du Parlement, mais imposait une condition suspensive à la signature du décret d’approbation par le Président de la République.
Victoire du pouvoir réglementaire : Recomposant strictement les champs de compétence définis par la Constitution, le Conseil a rappelé que les modalités d’approbation administrative des contrats de partage de production relèvent exclusivement du domaine réglementaire et non du domaine de la loi, rendant ainsi la proposition de loi irrecevable.
