La section CNTS/FC de la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) réclame une meilleure régulation du marché du sucre, à l’image des dispositifs appliqués à d’autres produits comme l’oignon, la pomme de terre et la banane. Son secrétaire général, Amary Diouf, a lancé cet appel mercredi, lors d’une conférence de presse du Collectif des organisations syndicales de la CSS.
« Tout le monde sait que le marché de l’oignon est bien régulé et qu’il n’y a pas d’importation d’oignons tant que la production locale existe », a déclaré Amary Diouf, également secrétaire général national adjoint de la CNTS/FC, avant de s’interroger : « Pourquoi le même dispositif n’est pas appliqué à la filière sucre ? »
Les syndicats alertent sur une mévente de 50 000 tonnes de sucre de la CSS et dénoncent la multiplication des DIPA, qui autorisent les importations de ce produit de grande consommation.
« Depuis deux ou trois ans, les difficultés s’intensifient chaque année, de façon croissante, et nous ne pouvons pas rester sans rien dire », a expliqué le syndicaliste. Selon lui, cette situation affecte directement les travailleurs, particulièrement les saisonniers, considérés comme les plus vulnérables.
L’urgence est d’autant plus grande que la prochaine campagne sucrière doit démarrer le 15 novembre. Amary Diouf redoute que les stocks invendus ne viennent s’ajouter à la production de la campagne 2026-2027. « Il est donc évident que ce stock, si l’on n’y prend garde, risque de s’ajouter à la production de la campagne 2026-2027 », a-t-il averti.
Pour le responsable syndical, la CSS, qui occupe une place importante dans le tissu industriel et l’emploi privé au Sénégal, doit être préservée. « La CSS, qui est une compagnie extrêmement importante du point de vue industriel, la première entreprise en termes d’emplois privés et la deuxième après l’État, est un bijou qui doit être protégé », a-t-il plaidé.
Les syndicats demandent ainsi aux autorités de faciliter l’écoulement de la production locale à chaque campagne. « Nous demandons simplement qu’à chaque fois que la campagne commence, qu’on puisse nous permettre d’écouler notre production », a insisté Amary Diouf.
Le collectif affirme avoir déjà rencontré le ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop, avec lequel il dit avoir constaté « une convergence de vue sur la nécessité de réguler ce marché ». Les syndicalistes attendent désormais que cet engagement se traduise par des mesures concrètes. Ils indiquent également avoir pris contact avec d’autres autorités, notamment le ministre de la Fonction publique.
