L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) entend renforcer le dispositif national de protection des lanceurs d’alerte. Son président, Moustapha Ka, a réaffirmé cet engagement mercredi à Dakar, lors de l’ouverture d’un atelier consacré à la vulgarisation de la loi n° 2025-14 du 4 septembre 2025, relative au statut et à la protection des lanceurs d’alerte.
Organisée en partenariat avec la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), cette rencontre de deux jours rassemble une cinquantaine d’inspecteurs et de contrôleurs internes issus des ministères et des organismes parapublics.
Selon Moustapha Ka, ces acteurs jouent un rôle essentiel dans la détection des irrégularités au sein des administrations et dans l’orientation des signalements. Leur implication est déterminante pour assurer l’application effective du mécanisme de protection prévu par la loi.
« Il ne suffit pas de demander aux citoyens de contribuer à la transparence. Il faut aussi prévoir un cadre de protection pour ceux qui agissent de bonne foi », a souligné le président de l’OFNAC.
Dans cette dynamique, l’institution prévoit de désigner des référents internes au sein des administrations. Ils seront chargés de faciliter la réception et le traitement des alertes, tout en garantissant la confidentialité des informations communiquées.
Prévenir les représailles contre les lanceurs d’alerte
La protection des personnes qui dénoncent des pratiques contraires à l’intérêt général constitue un autre enjeu majeur. Le directeur exécutif de la PPLAAF, Jimmy Kandé, a insisté sur la nécessité de mettre en place des garanties concrètes pour les lanceurs d’alerte, souvent exposés à des représailles professionnelles, à des atteintes à leur réputation ou à des actes d’intimidation.
« Le courage individuel ne doit jamais servir d’excuse à l’inaction institutionnelle », a-t-il déclaré, invitant les administrations à inscrire la protection des lanceurs d’alerte dans leurs pratiques et leur culture institutionnelle.
Pour le responsable de la PPLAAF, cette démarche exige des procédures claires et un respect rigoureux de la confidentialité des signalements. L’objectif est de permettre aux personnes qui agissent de bonne foi de dénoncer les irrégularités sans craindre de subir des conséquences préjudiciables.
Au-delà de la présentation de la loi du 4 septembre 2025, les travaux portent également sur son décret d’application. Des communications, des études de cas et des travaux de groupe sont prévus pour permettre aux participants de mieux maîtriser les mécanismes de signalement et de protection.
Les échanges devraient aboutir à des recommandations visant à renforcer l’efficacité du dispositif national de protection des lanceurs d’alerte.
À travers cet atelier, l’OFNAC entend ainsi consolider les capacités des acteurs du contrôle interne et améliorer la prise en charge des alertes dans les administrations publiques. La désignation de référents internes, la confidentialité des signalements et la prévention des représailles sont autant de leviers mis en avant pour promouvoir la transparence et intensifier la lutte contre la corruption au Sénégal.
