Un médicament agissant sur la lactation pourrait réduire le risque de cancer du sein chez les mères après avoir porté et accouché d’un enfant.

« Le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez les femmes jeunes, et la majorité de ces cancers surviennent dans les années suivant une grossesse. Les cancers survenant après un accouchement sont souvent associés à un mauvais pronostic, d’où l’importance de développer des stratégies de prévention médicamenteuse, notamment chez les femmes présentant un risque élevé », a déclaré Christopher Maxwell, professeur à la faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique et chercheur au BC Children’s Hospital Research Institute.

Le sein entame un processus de « nettoyage » lorsqu’une femme cesse d’allaiter

Dans une nouvelle étude, il a, avec son équipe, ainsi voulu tester les effets du cabergoline, un agoniste dopaminergique qui bloque la sécrétion de prolactine. Ce traitement, utilisé pour stopper la production de lait après l’arrêt d’une grossesse ou lorsque l’allaitement n’est pas possible, favorise un processus de « nettoyage » similaire à un arbre fruitier, selon l’auteur. « Pendant la grossesse, le taux d’hormones augmente et les structures productrices de lait au sein du tissu mammaire se ramifient, formant un véritable ‘arbre canalaire’. Une fois l’allaitement terminé, ces cellules deviennent superflues, le sein subit alors une involution, permettant d’éliminer les tissus excédentaires. (…) Nous concevons l’involution comme une sorte d’hiver pour le sein. C’est une période durant laquelle les structures qui étaient nécessaires à la grossesse et à l’allaitement se réinitialisent en vue de l’avenir. »

Ce médicament lié à la lactation réduire le risque de cancer du sein après la grossesse

Afin de déterminer si ce processus survenant après la prise de cabergoline a un impact sur le risque de cancer du sein, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris porteuses de mutations des gènes BRCA1 et TP53, qui sont associées à des formes agressives de cancer du sein. Les animaux ont reçu une dose unique de cabergoline. De plus, ces derniers ont analysé des dossiers médicaux en Espagne et en Norvège, portant sur plus de 150.000 femmes, avec des informations précisant si elles avaient eu recours à la cabergoline.

Les résultats, publiés dans la revue Cancer Discovery, ont montré que l’administration du médicament chez les rongeurs avait retardé et réduit l’incidence des cancers du sein après l’accouchement. Plus précisément, le traitement a remodelé la glande mammaire en renforçant son « involution », en diminuant la surface des canaux mammaires ainsi que la prolifération cellulaire et en stimulant les cellules immunitaires chargées d’éliminer les cellules endommagées. En clair, la cabergoline semble accélérer le processus naturel que connaît le sein après la fin de l’allaitement. L’analyse des dossiers médicaux des femmes européennes a révélé que la cabergoline était associée à une incidence plus faible de cancer du sein dans les années qui ont suivi la grossesse. Une recherche indique une réduction du risque d’environ 69 %.

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