Voici une décision si vile qu’elle ressemble à une pilule pourrie. Et celle-ci, nous ne l’avalerons pas.

Non pas parce qu’elle nous est défavorable, mais parce qu’elle heurte frontalement le sens même de la justice et l’esprit du sport.

La position de la Confédération africaine de football dans l’affaire opposant le Sénégal au Maroc relève de cette dérive. Elle ne choque pas seulement par son issue, mais surtout par ce qu’elle feint d’ignorer : le contexte, les principes et l’équilibre du jeu.

Que dit le droit du football ?

La Loi 5 des Lois du Jeu de l’IFAB est sans ambiguïté : l’arbitre est l’autorité suprême du match. Ses décisions, prises sur le terrain, font foi. Elles ne peuvent être ni effacées, ni réécrites a posteriori par une instance étrangère à l’immédiateté des faits.

Dès lors, une question essentielle s’impose :

comment une juridiction d’appel peut-elle produire une lecture différente de la réalité sportive sans qu’un forfait n’ait été constaté par l’arbitre ?

Ce glissement est grave. Il installe une insécurité juridique dangereuse pour tout le football africain.

Au-delà du terrain, il y a ce que certains préfèrent taire.

Dix-huit supporters sénégalais, venus soutenir leur équipe, se retrouvent aujourd’hui pris dans une procédure étrangère, condamnés à des peines d’une sévérité difficilement compréhensible au regard des faits.

Comment ne pas y voir une injustice qui dépasse le cadre judiciaire et heurte profondément la conscience collective ?

À cela s’ajoute un malaise plus profond : celui de pratiques et d’influences qui, à plusieurs niveaux, fragilisent la crédibilité du football africain.

Les soupçons récurrents qui entourent certaines sphères de la CAF ne permettent plus le luxe du doute aveugle.

Face à cela, le Sénégal ne doit ni se taire, ni céder à l’émotion.

Il doit répondre avec lucidité, fermeté et méthode :

• Contester juridiquement, sur la base des textes ;

• Porter l’affaire devant les instances compétentes, y compris internationales ;

• Exiger, sur le plan diplomatique, vérité et équité pour ses ressortissants ;

• Renforcer sa présence là où se décident ces équilibres.

Car la dignité d’une nation ne se défend pas dans l’indignation seule.

Elle se construit dans la capacité à imposer la vérité, avec rigueur, constance et sang-froid.

Bii du bobu. Ñun duñu ñoom.

Wa salam.

Mactar Ndiaye Ndiaga

Fondateur de l’Institut Sports et Métiers de Dakar

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