Face à la volonté affichée du Premier ministre Ousmane Sonko de renégocier les contrats miniers et énergétiques, Aly Ngouille Ndiaye appelle à la prudence et au respect des engagements internationaux du Sénégal.

Selon lui, toute initiative visant à modifier unilatéralement ces accords pourrait exposer le pays à des contentieux coûteux et nuire gravement à son image auprès des investisseurs. L’ancien ministre rappelle que ces contrats s’inscrivent dans un cadre juridique précis, souvent adossé à des conventions d’établissement et à des engagements de long terme.

« On ne peut pas remettre en cause des accords en cours sans s’exposer à des conséquences graves », souligne-t-il, insistant sur le fait que la stabilité contractuelle est un pilier de l’attractivité économique.

Le cas complexe des Industries chimiques du Sénégal (ICS)

Évoquant le cas des ICS, aujourd’hui gérées par le groupe Indorama, Aly Ngouille Ndiaye a tenu à apporter des précisions suite à l’annonce par Ousmane Sonko d’une éventuelle reprise des actifs par l’État. Il rappelle que l’entreprise a été sauvée en 2008 grâce à l’entrée de partenaires privés dans un contexte de quasi-faillite, l’État conservant alors une participation de 15 %.

Il souligne également le poids social de l’entreprise, qui représente environ 5 000 emplois directs et indirects. « Ce sont des milliers de familles qui dépendent des ICS », insiste-t-il, appelant à mesurer les conséquences de toute décision hâtive. « Parler de reprise des actifs revient à envisager une nationalisation », avertit-il. Or, selon lui, les conventions en vigueur restent valides et engagent juridiquement le Sénégal. « On ne peut pas rompre ces engagements sans ouvrir la voie à des contentieux internationaux », ajoute l’ancien ministre, mettant en garde contre les risques pour la crédibilité du pays.

Privilégier le dialogue à la rupture

S’il reconnaît la nécessité pour l’État de défendre ses intérêts, Aly Ngouille Ndiaye estime que cela doit se faire dans le respect des règles et à travers les mécanismes prévus dans les contrats. Il préconise ainsi une approche fondée sur le dialogue avec les partenaires et sur l’exploitation des clauses de révision existantes.

Pour lui, « un État sérieux ne peut pas agir dans la précipitation », au risque de compromettre des investissements stratégiques dans des secteurs clés comme les mines et l’énergie.

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