Dans un entretien accordé à L’Observateur, Maram Kairé, directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), revient sur le sacre du Sénégal à la compétition internationale « ActInSpace 2026 » à Bordeaux. Selon lui, ce succès n’est pas un hasard, mais la « capitalisation d’une vision fortement portée par une diplomatie spatiale ».
Au-delà du prestige, ce trophée mondial constitue une étape clé pour faire du Sénégal une véritable « nation spatiale ». Maram Kairé souligne que cette performance valide la stratégie nationale impulsée par le Président Bassirou Diomaye Faye. L’objectif est de bâtir les fondations d’un développement durable en maîtrisant toute la chaîne de valeur des données et technologies spatiales. « Il ne s’agit pas de recréer la roue », précise-t-il, mais de gagner la confiance des partenaires pour « rattraper le gap dans ce secteur ».
L’astronome insiste également sur la rentabilité exceptionnelle du secteur. Avec une économie mondiale estimée à 700 milliards de dollars (soit 420 000 milliards FCFA) et un marché africain projeté à 25 milliards de dollars (environ 15 000 milliards FCFA) d’ici à 2027, le Sénégal ambitionne de saisir sa part de marché. Il rappelle d’ailleurs que «chaque dollar investi dans le secteur spatial a un retour sur investissement de 100 dollars (près de 60 000 FCFA)».
Maram Kairé exhorte le secteur privé à croire au potentiel des start-up locales, martelant l’importance de «penser services, parler services et produire services» dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’éducation ou la santé. Pour l’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias, cette victoire démontre surtout que le Sénégal n’a «rien à envier» aux meilleures nations en matière de formation et doit servir de déclic pour la jeune génération, prouvant que l’expertise nationale est prête à conquérir le marché spatial.
