un ancien informaticien de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) avait installé une véritable usine à faux. Y. Diouf, 52 ans, a été arrêté ce mardi 7 mai 2026 alors qu’il fabriquait des sceaux contrefaits de l’administration fiscale.
15 cachets et des centaines de faux documents saisis
Pendant treize ans, Y. Diouf a été agent contractuel informaticien à la DGID. De 2004 à 2017, il a eu accès aux rouages les plus sensibles du système fiscal. Il connaissait les procédures, les tampons, les signatures, les filières. Il savait exactement à quoi ressemble un vrai quitus fiscal, une vraie attestation de régularité, un vrai contrat de marché public. C’est cette expertise qu’il a retournée contre l’institution qui l’avait formé. Ce mardi 7 mai 2026, relate L’OBS, les éléments du service de police de Grand-Yoff frappent à sa porte, rue 6 à la Médina. Ils ne viennent pas pour un simple contrôle. Un renseignement les a conduits jusqu’à lui.
Pendant treize ans, Y. Diouf a été agent contractuel informaticien à la DGID. De 2004 à 2017, il a eu accès aux rouages les plus sensibles du système fiscal. Il connaissait les procédures, les tampons, les signatures, les filières. Il savait exactement à quoi ressemble un vrai quitus fiscal, une vraie attestation de régularité, un vrai contrat de marché public. C’est cette expertise qu’il a retournée contre l’institution qui l’avait formé. Ce mardi 7 mai 2026, relate L’OBS, les éléments du service de police de Grand-Yoff frappent à sa porte, rue 6 à la Médina. Ils ne viennent pas pour un simple contrôle. Un renseignement les a conduits jusqu’à lui.
La perquisition menée sur les lieux a permis de découvrir un véritable arsenal de contrefaçon. Au cœur du dispositif : quinze (15) cachets humides, dont six (06) portant la mention de la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) et neuf (09) au nom de diverses structures administratives et privées. Ces cachets n’étaient pas de simples copies. Ils étaient destinés à produire des documents officiels en apparence parfaitement authentiques : quitus fiscaux, attestations de régularité, quittances de versements bancaires. Avec, en prime, quatre dateurs et quatre encriers de couleur noire et bleue permettant d’apposer des dates et des tampons «originaux». Le matériel informatique saisi – deux unités centrales et trois imprimantes de grand format – venait compléter cet équipement, permettant aux faussaires de produire en série des documents administratifs d’une qualité trompeuse.Les saisies de documents donnent la mesure de l’ampleur du trafic.
Les enquêteurs ont découvert pour la commande publique (Arcop), 8 attestations de l’Autorité de régulation de la commande publique, 43 contrats de marchés publics, 26 cahiers des charges afférents à divers appels d’offres. Pour la fiscalité, les faussaires disposaient de 9 quittances de versements bancaires au profit du Trésor, 165 attestations de régularité fiscale relatives aux marchés publics administratifs et 5 quittances pro-formats portant l’en-tête de la DGID. Enfin, pour tromper l’Ipres et la Sécurité sociale, ils avaient confectionné 37 attestations de Sécurité Sociale, 35 attestations de régularité sociale, 10 fiches de déclaration annuelle à la Contribution globale unique. Au total, ce sont plusieurs centaines de documents falsifiés qui ont été retirés de la circulation.
Son modus operandi
Le mode opératoire, désormais établi par les enquêteurs, était d’une efficacité redoutable. Le réseau confectionnait de faux cachets de l’Administration des Impôts et des Domaines. Il utilisait ensuite ces sceaux pour établir de faux quitus fiscaux et de fausses attestations d’enregistrement de contrats. Ces documents étaient destinés à des entreprises privées attributaires de marchés publics. Grâce à ces faux, ces sociétés pouvaient, par exemple, éluder leurs obligations légales de régularité fiscale, procéder indûment à des décaissements bancaires et même tromper la vigilance de l’Inspection régionale du travail et de la Sécurité sociale en simulant une conformité à la législation sociale.
L’ancien agent des Impôts mettait ainsi son expertise au service d’une fraude qui, en faussant les règles de la concurrence entre les entreprises, a causé un lourd préjudice financier direct à l’État du Sénégal.Une enquête est désormais ouverte pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques et authentiques, contrefaçon de sceaux, timbres et cachets de l’État, escroquerie portant sur les deniers publics et complicité de ces chefs. Reste à déterminer l’ampleur exacte du réseau.
