L’endométriose, qui se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus, touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Cette maladie gynécologique inflammatoire provoque souvent des douleurs pelviennes invalidantes et a un retentissement sur la fécondité. « Environ 30 % à 40 % des femmes touchées par l’endométriose présente une infertilité, avec des taux de fécondité évalués à entre 2 et 10 % par cycle, contre 25 à 30 % au sein des couples fertiles. (…) Il est possible de bénéficier d’un programme de soins adapté, voire une assistance médicale à la procréation. Un suivi renforcé est prévu lors des grossesses », précise l’Assurance Maladie.

Endométriose et grossesse : une légère hausse du risque d’anomalies congénitales chez les bébés

Compte tenu du lien entre l’endométriose et l’infertilité nécessitant des traitements, des scientifiques ont, dans le cadre d’une étude parue dans la revue Canadian Medical Association Journal, cherché à estimer les risques d’anomalies congénitales chez les enfants de femmes atteintes d’endométriose, ainsi que l’influence de la subfertilité (la difficulté à obtenir une grossesse naturellement, malgré des rapports sexuels réguliers sans contraception) et des traitements contre l’infertilité. Pour ce faire, l’équipe a utilisé les données d’une recherche portant 1.460.564 naissances en Ontario, dont 33.619 concernaient des bébés nés de mères atteintes d’endométriose. Elle a analysé les associations entre l’endométriose chez la patiente avant la conception et les anomalies congénitales chez son enfant. « Nous avons déterminé la proportion de ces associations influencées par la subfertilité, l’induction de l’ovulation ou l’insémination intra-utérine, et la fécondation in vitro ou l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes. »

Des anomalies congénitales sont survenues chez 2.120 nourrissons de mères atteintes d’endométriose et chez 77.094 bébés de femmes en bonne santé. L’endométriose était liée de manière indépendante à un risque accru d’anomalies cardiovasculaires, gastro-intestinales, génitales et musculo-squelettiques, de néoplasmes (tumeurs constituées de cellules qui prolifèrent de façon excessive) et de tumeurs. Ce dernier « ne peut être attribué que partiellement aux traitements contre l’infertilité. » Selon les auteurs, la fécondation in vitro ou l’injection intracytoplasmique n’expliquait que 11 % du risque associé. « La subfertilité, l’induction de l’ovulation et l’insémination intra-utérine n’influençaient pas l’association entre l’endométriose et les anomalies. »

Un risque « faible »

Dans les conclusions, les chercheurs ont signalé que le risque entre l’endométriose chez la mère et le risque d’anomalies congénitales chez les bébés, dont « les mécanismes potentiels restent à identifier », demeure « faible. » « Les rapports de cas ayant mis en avant ce lien soulignent l’impératif d’un diagnostic précoce, d’un traitement efficace et d’une meilleure connaissance de l’endométriose en raison de ses séquelles potentiellement graves. (…) Relever ces défis exige un changement fondamental vers des soins coordonnés, fondés sur des données probantes et centrés sur la patiente », ont déclaré Olga Bougie, professeure agrégée au Département d’obstétrique et de gynécologie de l’Université de Toronto, et Catherine Varner, rédactrice adjointe du Canadian Medical Association Journal.

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