Le Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré, ce vendredi 22 mai 2026, à l’Assemblée nationale, que le Gouvernement ne pouvait plus écarter une hausse des prix des carburants, dans un contexte marqué par de fortes tensions internationales et une pression budgétaire croissante. Lors des questions d’actualité, il a décrit une situation économique mondiale particulièrement délicate, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix du pétrole. « Nous sommes confrontés à une double crise. Tous les pays ont dû augmenter les prix du carburant à cause de la situation au Moyen-Orient », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a précisé que le Sénégal subissait de plein fouet les conséquences d’un marché pétrolier devenu très instable. Il a rappelé que la Loi de finances avait été élaborée sur des prévisions de prix du baril désormais largement dépassées. « Le budget a été voté en se basant sur des prévisions de prix qui sont désormais au double », a-t-il expliqué.

Ousmane Sonko a également souligné que les répercussions ne se limitaient pas aux prix à la pompe, mais affectaient l’ensemble de l’économie nationale. « L’impact ne se limite pas au carburant, mais touche tous les secteurs. Certains assureurs refusent même d’assurer des navires transportant du carburant en provenance du Golfe », a-t-il indiqué. Dans ce contexte, il a révélé que le montant des subventions énergétiques pourrait dépasser les 1 000 milliards de FCFA, soit près d’un cinquième du budget national. Malgré cette situation, il a assuré que l’exécutif continuait de privilégier la protection du pouvoir d’achat des citoyens. « Nous avons hérité d’une dette insoutenable, mais notre priorité reste sociale : améliorer la vie des Sénégalais », a-t-il soutenu.

Cependant, le chef du Gouvernement a averti que l’État ne pourrait pas résister indéfiniment à la pression des marchés internationaux. « Cela ne signifie pas que nous n’allons pas augmenter les prix, car à l’impossible nul n’est tenu. Nous ferons tout notre possible pour résister », a-t-il prévenu.

Il a ajouté que l’enjeu était désormais de trouver un équilibre entre fiscalité et soutien public. « L’État subventionne actuellement plus qu’il ne taxe », a-t-il insisté, soulignant la nécessité d’éviter une application brutale de « la vérité des prix », qui pourrait lourdement pénaliser les consommateurs. Le Premier ministre a également abordé la question des subventions agricoles, estimées à environ 130 milliards de FCFA, en soulignant que le principal problème résidait dans le mauvais ciblage des aides. « Les semences et les engrais absorbent l’essentiel des subventions, mais ces ressources sont souvent détournées », a-t-il dénoncé. Le Gouvernement cherche ainsi à réorienter les financements vers la mécanisation agricole et l’établissement de forages pour encourager une agriculture productive tout au long de l’année.

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