À Saint-Louis, une affaire impliquant plusieurs hommes poursuivis pour actes contre nature et transmission volontaire du VIH a conduit au défèrement de cinq personnes devant le parquet. L’enquête a été déclenchée après la dénonciation d’un imam visant son propre fils.
Selon des sources policières, K. Diop, imam âgé de 71 ans et figure notable du quartier Guinaw-Rails, s’est présenté le 18 mai 2026 au commissariat d’arrondissement de Pikine. Lors de sa déposition, il a affirmé que son fils, Ousseynou Diop, entretenait depuis plusieurs années des relations homosexuelles, ajoutant que certains partenaires passaient parfois la nuit au domicile familial.
Le religieux a également déclaré que cette situation avait porté atteinte à son honneur et profondément affecté sa famille. Ses déclarations ont été consignées dans un procès-verbal.
Le lendemain, les éléments de la brigade de recherches ont procédé à l’interpellation d’Ousseynou Diop, 34 ans, commerçant domicilié à Guinaw-Rails, ainsi que de Cheikh Niang, 20 ans, livreur résidant à Misra, présenté comme ayant passé la nuit avec lui.
Lors de son audition, Ousseynou Diop a nié les faits reprochés concernant Cheikh Niang, qu’il a présenté comme un employé. Il a toutefois reconnu son homosexualité et indiqué vivre avec le VIH depuis 2024, précisant être sous traitement antirétroviral.
L’enquête s’est ensuite élargie à plusieurs autres personnes citées par le principal suspect, notamment Souleymane Ndour, tailleur domicilié à la cité Niakh, et Pape Ousmane Diop, vigile dans une banque de la place. Tous deux ont été interpellés puis entendus par les enquêteurs.
D’après les éléments de l’enquête, les deux hommes auraient reconnu avoir entretenu des relations sexuelles avec Ousseynou Diop, tout en affirmant ignorer sa séropositivité. Les investigations ont également conduit à l’arrestation de Moussa Diop, 24 ans, charretier domicilié à Garage Bango, qui a lui aussi reconnu certains faits au cours de son audition.
Les enquêteurs ont par ailleurs exploité les téléphones portables de certains mis en cause, avec leur consentement, découvrant des échanges WhatsApp à caractère intime.
Des tests sérologiques ont été effectués à l’hôpital Ousmane Ngom de Saint-Louis sur quatre des suspects interpellés. Selon les résultats médicaux, ils se sont révélés séronégatifs, tandis qu’Ousseynou Diop demeure le seul porteur du VIH dans cette affaire.
À l’issue de leur garde à vue, les cinq hommes ont été déférés au parquet. Ils font l’objet de poursuites pour actes contre nature, mise en danger de la vie d’autrui, association de malfaiteurs et transmission volontaire du VIH.
