Venu prendre part aux obsèques de son ami Ismaëla, qui l’a introduit dans le combat contre l’insuffisance rénale, le patron de Carrefour Médical, Saliou Mboup, est revenu sur son engagement, ses réalisations et les obstacles dressés sur son chemin par des lobbies du secteur de la dialyse.

« C’est un jour spécial. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre la parole pour parler de mon ami Ismaëla. C’est moi qui le remercie. Le Sénégal et l’Afrique lui doivent également reconnaissance et gratitude pour sa contribution à l’accès au traitement par dialyse », a déclaré Saliou Mboup devant l’assistance.

« C’est par l’intermédiaire de notre ami Gora que j’ai connu Ismaëla, qui vivait à Conakry. À son retour au Sénégal, après une opération à l’Hôpital Principal de Dakar, le docteur Ndiaye m’a informé qu’Ismaëla devait effectuer trois séances de dialyse par semaine, pour un coût annuel d’environ 10 millions de F CFA. C’est ainsi que j’ai décidé de prendre en charge ses soins. Le médecin m’a également expliqué que les autres malades, qui ne bénéficiaient pas d’une telle prise en charge, étaient inscrits sur des listes d’attente et exposés à la mort. »

« Des lobbies vivent de cette maladie »

« Très bouleversé par cette situation inhumaine, j’ai commencé à faire des recherches sur cette maladie, ses conséquences et l’économie qui gravite autour d’elle. C’est ainsi que j’ai découvert que certaines personnes s’enrichissent grâce à cette maladie en vendant les consommables de dialyse à des prix exorbitants, avec une seule marque, créant ainsi une situation de monopole qui freinait les efforts de l’État pour assurer la gratuité des séances de dialyse et l’accessibilité de la prise en charge. » Selon lui, cette situation avait considérablement fait grimper le coût du traitement.

« Entre 2010 et 2011, plusieurs combats ont été menés. Ils ont abouti à la création de plusieurs centres de dialyse, à une époque où le Sénégal et de nombreux autres pays ne disposaient que d’un ou deux centres. Mais des lobbies avaient orchestré une campagne de dénigrement en remettant en cause la qualité des produits et des machines proposés par ma structure. Après que la vérité a éclaté, sept centres de dialyse ont finalement été mis en place. Ce sont d’ailleurs les produits et les machines qui étaient critiqués qui soignent aujourd’hui les patients dans ces centres depuis 2012. Par la suite, d’autres centres ont vu le jour, portant aujourd’hui leur nombre à une trentaine », a expliqué Saliou Mboup.

Il souligne également que ces réalisations au Sénégal ont servi de modèle à plusieurs pays africains confrontés aux mêmes difficultés face à des lobbies qui monopolisaient le marché.

« C’est pourquoi je reste reconnaissant envers Ismaëla, qui m’a fait découvrir cette maladie. Après avoir contribué à rendre la dialyse plus accessible grâce à la création de centres, à l’ouverture du marché et à la baisse du prix du kit de dialyse, j’ai lancé un nouveau chantier : la souveraineté pharmaceutique de notre pays. Nous avons ainsi mis en place une usine de production de certaines composantes du kit de dialyse, pour un investissement de plus de 6 milliards de F CFA. L’objectif est de réduire davantage le coût de la prise en charge. Cette baisse permettrait à l’État de réaliser une économie de deux à trois milliards de F CFA par an, des ressources qui pourraient servir à recruter et renforcer le personnel des centres de dialyse. Ceux-ci prennent actuellement en charge 1 500 patients alors qu’ils ont une capacité de 3 500, faute de ressources humaines. Cela permettrait également de sauver les patients inscrits sur les listes d’attente qui meurent faute de places. »

Il affirme par ailleurs que « ces lobbies ont manœuvré pendant deux ans pour bloquer cette usine et continuer à importer ces produits, empêchant ainsi l’État de réaliser une économie de deux milliards de F CFA ».

Jointe par téléphone pour apporter des éclaircissements sur cette affaire, la Direction de Carrefour Médical a confirmé que cette vidéo a été enregistrée lors d’une cérémonie funéraire, au cours de laquelle le Directeur général est revenu sur l’origine de son engagement dans la lutte contre l’insuffisance rénale, née après la découverte de la maladie de son ami Ismaëla.

Elle a également indiqué que l’État, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, est en train de prendre des mesures fermes et a entrepris, ces dernières semaines, des démarches visant à faire appliquer la réglementation et à mettre définitivement fin aux importations concernées, afin de préserver les deniers publics face à ces lobbies qui, selon elle, s’enrichissent sur le dos des contribuables.

À noter que Carrefour Médical est réputée pour ses importantes réalisations dans des domaines sensibles tels que l’oxygène médical, la dialyse, la radiothérapie, entre autres.

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