I. LE GRAND MAGAL DE TOUBA : UNE FORCE SPIRITUELLE, SOCIALE ET ÉCONOMIQUE AU SERVICE DU SÉNÉGAL

A. Une manifestation spirituelle et culturelle d’une portée exceptionnelle.

Le GRAND MAGAL DE TOUBA a démarré dès l’aube du mois de SAFAR et s’est accompli ce 18e jour dans la ville sainte de Touba par des prières de remerciements à ALLAH SWT et à son Prophète Mouhamed (PSL).

Comme à l’accoutumée, les daaras mourides de Touba, des régions du Sénégal et de la diaspora ont récité à nombre incalculable le Saint Coran pour magnifier Sa grandeur afin de bénir le monde musulman, l’Afrique et le Sénégal.

Des versions complètes du Coran ont été rédigées de mémoire par les érudits constitués de jeunes hommes et femmes de moins de 30 ans.

L’islam démontre son capital humain à travers le génie créateur des jeunes talibés mourides apprenant dans les écoles de Touba et des différentes zones où des écoles ont été instituées par des forces privées et individuelles.

Devant cette face spirituelle et culturelle, le Magal nous offre une communion sociale entre les familles, renoue sur le plan social et économique le Sénégal et sa diaspora.

La diaspora sénégalaise fait vibrer l’Occident, l’Asie et l’Amérique au rythme de l’islam qui partage, qui aime, qui adoucit dans l’incarnation d’une paix qui stabilise le monde et élève l’humanité.

Islam par excellence, le mouridisme exalte les valeurs de notre religion et porte son empreinte vers les civilisations étrangères.

B. Une contribution économique majeure insuffisamment reconnue.

Par répétition, l’événement du MAGAL draine une économie colossale pour la sous-région ouest-africaine, pour l’industrie sénégalaise, à un niveau qui mérite une réflexion particulière et une interpellation de nos autorités publiques.
630 milliards est le chiffre officiel qui ressort des statistiques économiques.

En termes d’achat de billets d’avion en direction du Sénégal, d’achats de carburant, de paiement de tickets de péage sur l’autoroute, d’achats de condiments divers en provenance des zones maraîchères du Sénégal, de la Mauritanie, du Mali et de la Guinée, le Sénégal parvient à doper son économie, même en période de difficultés sévères posées par un contexte politique national remuant et une perturbation des référentiels économiques au niveau international.

Face à cette bénédiction de Touba sur le Sénégal, il est pourtant entendu des discours salaces et mensongers sur de l’argent déversé dans une ville par rapport à laquelle l’État reste particulièrement ingrat.

Certes, Touba est née avant le Sénégal, car sa souveraineté n’a jamais subi d’entorses du temps colonial jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance en 1960.

Le droit constitutionnel ne connaît certes pas cette configuration qui priorise un territoire sur son État, mais Touba marque encore parmi ses particularités cette exception.

Ville autonome à une vitesse de croissance de 12 %, elle a été célébrée à Istanbul en 1994 au sommet des villes comme première ville au monde.

À la sueur des talibés rivalisant d’ardeur et armés d’une foi inébranlable qui n’a au préalable connu que le cœur des compagnons du Prophète, Touba s’est faite sans l’apport décisif des pouvoirs publics.

La naissance de Touba Ca Kanam, qui marque une forme d’économie solidaire achevée, exalte cet échec de l’État du Sénégal.

Des infrastructures de grandes envergures ont été financées grâce à la collecte des participations individuelles.

Devant des chiffres officiels qui sonnent toujours comme un effet d’annonce politique sans lendemain.

Macky Sall avait annoncé 400 milliards pour la prise en charge des difficultés d’assainissement à une période où Touba aura vécu ses pires moments sous les eaux dangereuses détruisant des maisons et des vies.

Aujourd’hui, il est temps que le gouvernement partage à Touba les financements logiques que dicte sa croissance démographique.

Mais en sus, l’économie du Magal aurait normalement permis d’anticiper depuis dix années sur la création des infrastructures de base dans une ville qui accueille aujourd’hui plus de six millions de personnes.

Sans participation de l’État, la force des Baye Fall a permis de bâtir des résidences Cheikhoul Khadim qui permettent de loger les hôtes du Sénégal.

À titre d’exemple, La Mecque s’est beaucoup développée en puisant sur l’économie du Hajj en marge de sa force tirée de l’exploitation de ses ressources en pétrole.

Le Sénégal doit rendre à TOUBA son mérite et sa part par une répartition équitable des ressources du Magal.

Que redonne l’État à Touba suite au Magal ?

II. FACE AUX POLÉMIQUES POLITICIENNES, L’EXIGENCE D’UN RESPECT ET D’UNE JUSTE RECONNAISSANCE DE TOUBA

A. Les dérives d’un discours politique irrespectueux.

Comment expliquer qu’une ville qui contribue à hauteur de plusieurs centaines de milliards de francs CFA à l’économie nationale demeure insuffisamment accompagnée par les pouvoirs publics, tout en faisant l’objet de polémiques politiques qui occultent sa contribution réelle au développement du Sénégal ?

Ce politicien véreux a annoncé sur sa tribune d’exaltation diabolique et pestiférée que les membres du gouvernement d’obédience mouride avaient déversé de l’argent dans notre cité en allant recueillir les prières et bénédictions de leurs guides suite à leur nomination à des postes de responsabilité.

Une fausseté et un manque de respect manifeste qui peut-être n’étonnent pas de cette personne aux fréquentations abjectes que je ne citerai pas entre les lignes propres de mon article, mais ses propos méritent une sanction sévère des pouvoirs judiciaires.

Diffamer une communauté entière dont les membres portent un poids fort de l’économie de ton pays pour uniquement meubler des « canailleries » politiques renseigne peut-être sur le degré d’insouciance du vrai modèle économique de développement du pays.

Loin des polémiques politiciennes, le Grand Magal démontre que Touba constitue un patrimoine spirituel, humain et économique stratégique dont la contribution au développement national appelle une reconnaissance institutionnelle, un respect républicain et une politique d’investissement à la hauteur de son impact.

Le Sénégal doit exiger des limites à la polémique politique lorsqu’elle porte atteinte à la cohésion nationale et une responsabilité des acteurs politiques dans le débat public.

B. Pour une reconnaissance institutionnelle et un investissement durable en faveur de Touba et des zones périphériques

Financer de façon sporadique des femmes à des montants dérisoires de 1 million ne peut permettre de dynamiser le potentiel de TOUBA.

L’État doit, sans approche politicienne, s’appuyer sur des institutions comme la DER, la BNDE et le FONJIB pour utiliser les ressources de cette ville afin d’élever l’économie des zones comme Kaolack, Mbour et Louga.

L’annonce de l’implantation de la ZES de DIOURBEL doit se réaliser dans les délais d’urgence pour inciter à l’investissement dans la zone de TOUBA.
Cette option aura un effet d’entraînement sur les périphéries des régions susnommées.

À l’heure de l’Acte IV de notre politique de décentralisation, les pouvoirs publics n’ont plus d’alternatives qui effacent les terroirs du schéma de développement du Sénégal.

Le développement du pays se fera à partir de l’intérieur.

Touba est une référence et une bénédiction que l’État du Sénégal semble ignorer.

Et pourtant, le reste du monde attend encore la naissance d’une ville qui s’est développée sur un temps aussi court grâce à son économie solidaire et à sa dynamique inclusive.

SAMBA DIOUF
Président du Mouvement
Démocratie et Justice Sociale
Juriste consultant en droit des affaires et économie numérique@

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