Alors que les paiements digitaux et le Mobile Money dépassent les 1100 milliards de dollars sur le continent, Interpol publie son rapport d’évaluation 2026. La criminalité en ligne ne relève plus de bandes isolées, mais d’un réseau international structuré et armé par l’Ia. Entre pillages financiers, attaques par ransomware et réseaux d’escroquerie, radiographie d’une menace globale et focus stratégique sur la situation au Sénégal, rapporte le Quotidien .
L’Afrique a franchi le cap des 570 millions d’utilisateurs d’Internet et compte plus de 1, 1 milliard d’abonnements mobiles. Mais ce bond technologique remarquable a un revers sombre : le continent est devenu un terrain d’action privilégié pour la cybercriminalité transnationale. Selon le dernier rapport d’Interpol, les pertes directes subies en Afrique s’élèvent à au moins 5 milliards de dollars Us en 2025.
Le phénomène marquant de cette édition 2026 est la généralisation du modèle Cybercrime-as-a-Service (Caas). Des criminels peu expérimentés achètent désormais en ligne des kits d’attaques complets. L’Intelligence artificielle générative permet d’éliminer les fautes de langue dans les e-mails de phishing, de simuler des voix d’exécutifs (vishing) et même de dupliquer des visages en vidéo pour tromper les vérifications bancaires biométriques. «Les réseaux criminels n’opèrent plus de façon opportuniste. Ils disposent de centres d’appel, de scripts alimentés par Ia et de réseaux de blanchiment automatisés via les cryptomonnaies.»
Les 5 fléaux du continent en 2025
L’analyse combinée d’Interpol classe les menaces selon leur impact direct sur les entreprises, les Etats et les citoyens. Portées par la fraude au Mobile Money et aux faux placements, les arnaques en ligne et l’ingénierie sociale (17%) ont généré 484 millions $ de pertes directes signalées. Concentré à 92% en Afrique du Sud, le ransomware frappe désormais des cibles critiques : régies d’électricité, Douanes et services météorologiques. Tout comme, il y a plus de 6000 vulnérabilités critiques exploitées pour alimenter le marché noir (Dark Web en hausse de 62%) et plus de 600 000 cas détectés en termes de sextorsion et harcèlement par Ia touchant lourdement les jeunes générations.
