Suite à la publication de l’article évoquant le dossier Aby’s Garden, et alors que plusieurs éléments y sont rapportés quant à la mesure dont j’aurais fait l’objet dans le cadre de l’instruction en cours, je tiens à apporter les précisions suivantes.
Je rappelle, avant toute chose, le contexte dans lequel s’inscrit ce dossier. C’est moi qui, la première, ai saisi la justice il y a plusieurs mois, à la suite de la découverte d’irrégularités dans la gestion de la société, afin de protéger les intérêts d’Aby’s Garden, de ses salariés, de ses fournisseurs et de l’ensemble de ses partenaires. Plusieurs des procédures que j’ai engagées ont déjà donné lieu à des décisions de justice, dont certaines aujourd’hui définitives. Mon objectif n’a jamais varié : assurer la continuité et la protection de cette entreprise, quelles que soient les difficultés rencontrées avec mon associé. C’est cet objectif, et lui seul, qui a guidé chacune de mes démarches.
Je dément formellement être placée sous liberté provisoire, contrairement à ce qui a été rapporté. Je n’en dirai pas davantage sur la mesure dont je fais l’objet, pour les raisons exposées ci-après.
Je rappelle que l’instruction ouverte dans ce dossier est, par la loi, couverte par le secret. Ce secret n’est pas une simple formalité : il protège à la fois la sérénité de l’enquête et les droits de toute personne concernée, au premier rang desquels figure la présomption d’innocence. C’est la raison pour laquelle, au-delà du démenti qui précède, je ne confirmerai, ni ne commenterai, ni ne contesterai dans le détail les éléments de procédure qui circulent aujourd’hui dans la presse, quand bien même certains d’entre eux appelleraient, sur le fond, des précisions. M’engager dans une telle discussion publique reviendrait à participer moi-même à la divulgation d’éléments que la loi protège, ce que je me refuse à faire, par respect scrupuleux pour la justice de mon pays et pour les règles qui s’imposent à toute personne placée dans ma situation.
Je constate cependant que des informations de cette nature, portant sur le détail d’une mesure prise dans le cadre d’une instruction, ne peuvent, qu’elles soient exactes ou non, provenir que d’une divulgation d’éléments couverts par le secret de l’instruction. Cette divulgation n’est pas de mon fait. Je laisse en conséquence à ceux qui ont choisi de communiquer ces informations, quelle qu’en soit la source, l’entière responsabilité d’en répondre, y compris devant la justice si cela devait s’avérer nécessaire ; il ne m’appartient pas de m’y substituer en confirmant ou en corrigeant, sur la place publique, ce qui relève exclusivement du dossier d’instruction.
Je fais entièrement confiance à la justice de mon pays pour instruire ce dossier avec toute la rigueur nécessaire, et je ne demande rien d’autre que le respect des droits de chaque partie, dans le cadre du contradictoire, jusqu’à ce que la vérité soit établie. Ce débat, je ne souhaite pas le mener sur la place publique ni dans la presse : il appartient exclusivement aux juridictions compétentes d’en connaître, et c’est devant elles seules que j’entends m’expliquer.
Je souhaite, enfin, apporter une précision sur un point qui ne relève pas du secret de l’instruction proprement dit, mais de la régularité de la procédure contradictoire : le rapport d’expertise comptable mentionné dans l’article, ordonné par le juge à la suite de ma première plainte. Ce rapport n’a, à ce jour, fait l’objet d’aucune communication contradictoire à mon égard. Ni moi-même ni mon conseil n’avons été mis en mesure d’en examiner la méthodologie, le périmètre exact ou les pièces sur lesquelles il repose, ni de formuler la moindre observation avant qu’il n’en soit fait état publiquement. Or c’est précisément ce débat contradictoire qui permet, en matière d’expertise judiciaire, de discuter et, le cas échéant, de compléter les constatations d’un expert avant qu’elles ne puissent être regardées comme définitivement acquises. Ce rapport ne saurait donc, en l’état, être présenté comme établissant quoi que ce soit de définitif, dans un sens comme dans l’autre.
Je me réserve le droit d’engager toute action utile contre la diffusion d’informations inexactes ou portant atteinte à mes droits dans ce dossier. Je réaffirme, dans le même temps, que je répondrai exclusivement devant les juridictions compétentes, avec le respect que je dois à la justice de mon pays.
Je demande que la présente mise au point soit publiée in extenso, sans coupure ni reformulation, afin que ma position soit portée à la connaissance du public dans son intégralité et sans risque de dénaturation.
ABY NDOUR
