Invité de l’émission dominicale « Objection » ce dimanche 23 août 2026 sur Sud FM, repris par Seneplus , l’expert électoral Ndiaga Sylla a livré une analyse détaillée de la situation préoccupante du calendrier électoral, à cinq mois à peine des élections locales.
D’entrée, l’expert a rappelé que le respect de la périodicité des scrutins constitue un principe cardinal, ancré aussi bien dans les textes internationaux Déclaration universelle des droits de l’homme, Pacte international relatif aux droits civils et politiques que dans l’article 3 de la Constitution sénégalaise, qui fonde la souveraineté populaire. Selon lui, tout report doit obligatoirement passer par une loi votée à l’Assemblée nationale, et non par une simple décision de l’exécutif.
Or, à la date du 22 août, plusieurs étapes clés accusent déjà du retard : l’arrêté fixant le montant du cautionnement, prévu par les articles L247 et L282 du Code électoral, n’a pas été pris, faute de décret présidentiel fixant la date du scrutin. Plus préoccupant encore, selon Ndiaga Sylla, la révision des listes électorales pourtant indispensable à toute inscription ou modification d’adresse des électeurs, ainsi qu’aux candidatures locales n’a toujours pas été ouverte, alors qu’un délai minimal de six mois serait nécessaire pour la mener à bien.
Les conseils municipaux et départementaux, élus le 22 janvier 2022, voient leur mandat théoriquement expirer le 23 janvier 2027. L’expert évoque un risque réel de nouvelle prolongation, à l’image de ce qui s’était produit en 2019. Il pointe également une incompatibilité juridique actuelle entre un éventuel couplage des élections locales et législatives, les délais de dépôt des candidatures (25 octobre) entrant en collision avec le cadre constitutionnel encadrant une possible dissolution de l’Assemblée nationale.
Interrogé sur les recours possibles, Ndiaga Sylla a rappelé la saisine de la Cour suprême par un collectif de la société civile puis par le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR), tout en regrettant l’absence d’une position organique et collective de la société civile, comparée à ses mobilisations passées de 2019 et 2024. Il a également noté l’intérêt croissant de médias internationaux, comme RFI et Jeune Afrique, pour ce dossier, révélateur selon lui d’un enjeu qui dépasse les frontières sénégalaises.
En conclusion, l’expert a insisté sur le fait que la responsabilité première incombe au président de la République et à l’administration électorale, aucune déclaration officielle n’étant venue démentir l’objectif d’organiser les élections au plus tard en janvier 2027. « À l’heure actuelle, je ne vois pas de motif valable » pour un report, a-t-il martelé.
