Des chercheurs ont développé un test sanguin capable de prédire le risque de récidive du cancer du sein chez une patiente.
Afin de repérer le plus rapidement les récidives, les survivantes du cancer du sein ont des consultations médicales régulières plusieurs fois par an pendant 5 ans (puis ensuite une fois par an) ainsi qu’une mammographie annuelle. Une avancée de taille pourrait simplifier ce suivi. Des chercheurs japonais de l’université de Kumamoto ont mis au point un test sanguin capable de détecter les récidives de cancer du sein.
Récidive et cancer du sein : les chercheurs ont étudié les fragments d’ADN présents dans le sang
Pour cette étude, l’équipe a analysé 150 échantillons de sang provenant de personnes ayant eu un cancer du sein primaire ou récidivant à la recherche d’ADN acellulaire. Il s’agit de minuscules fragments d’ADN qui circulent dans le sang. Ce qui leur vaut d’être aussi appelés ADN libre circulant.
« Au lieu d’examiner uniquement les modifications de la séquence d’ADN, les chercheurs se sont concentrés sur les nucléosomes, des structures où l’ADN s’enroule autour de protéines appelées histones. L’organisation des nucléosomes reflète la régulation des gènes et le degré de compaction des régions d’ADN », expliquent les auteurs dans leur communiqué. Ce choix permet notamment d’obtenir des informations sur les changements survenus au sein des cellules cancéreuses.
L’équipe s’est plus particulièrement concentrée sur 26 régions génomiques (portions spécifiques de l’ADN) précédemment liées au cancer du sein et à la résistance à l’hormonothérapie.
Cancer du sein : un risque de récidive établi avec une prise de sang
Les scientifiques ont ainsi constaté que la récidive du cancer du sein était associée à un nombre accru de variants génétiques et à des fragments d’ADN acellulaire plus courts. De plus, deux régions génomiques, RERE et SYNPO2, ont permis de distinguer les cancers du sein primaires des récidives.
L’équipe a couplé ses résultats sur l’ADN libre circulant avec de l’apprentissage automatique. Cela a permis d’améliorer encore davantage la précision de leur test, et par effet domino la détection des récidives des tumeurs mammaires.
« Comme l’ADN acellulaire peut être obtenu à partir d’un échantillon de sang, cette approche pourrait à terme contribuer à une surveillance peu invasive des patientes pendant et après le traitement, permettant potentiellement une détection plus précoce des récidives et des décisions thérapeutiques plus personnalisées », concluent les auteurs. Toutefois, des études complémentaires notamment sur des échantillons plus importants sont nécessaires avant un potentiel déploiement du nouvel outil de dépistage des récidives du cancer du sein sur le marché.
