Les États-Unis s’apprêtent à transférer à la Gambie les fonds issus de la vente de la villa de l’ancien président Yahya Jammeh, située à Potomac, dans le Maryland. Le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a annoncé que les deux parties finalisent l’accord devant permettre le rapatriement des fonds, destinés notamment au mécanisme de réparation des victimes de l’ère Jammeh.

Une propriété saisie par la justice américaine

La propriété de Yahya Jammeh, située à Potomac dans l’État du Maryland, avait fait l’objet d’une procédure de confiscation engagée par les autorités américaines. En mai 2022, le département américain de la Justice avait annoncé avoir obtenu la confiscation définitive du bien, estimé à environ 3,5 millions de dollars. Selon les autorités américaines, la propriété avait été acquise grâce à des fonds provenant d’activités de corruption présumées liées à l’ancien président gambien. 

Washington prépare le transfert des fonds à Banjul

Le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a indiqué devant les députés que les autorités américaines et gambiennes sont en train de finaliser l’accord nécessaire au transfert des fonds. Selon ses déclarations rapportées par The Standard, la signature de cet accord devrait permettre le transfert de l’argent vers la Gambie dans les prochains jours. 

Les fonds destinés aux victimes de l’ère Jammeh

Une fois rapatriés, les fonds doivent être transférés à la Reparations Commission, chargée de l’indemnisation des victimes des crimes commis durant les années de pouvoir de Yahya Jammeh. Le ministre de la Justice a toutefois indiqué que les recettes provenant de la vente de la propriété ne suffiront probablement pas à régler l’ensemble des indemnisations dues aux victimes.

Plus d’un millier de victimes concernées

D’après les chiffres communiqués par Dawda Jallow, la Commission vérité, réconciliation et réparations avait recommandé des compensations pour 1 009 victimes. Au 7 septembre 2026, 112 victimes ou familles de victimes avaient reçu l’intégralité de leur indemnisation, tandis que 879 personnes figuraient encore parmi celles qui n’avaient pas perçu la totalité des sommes qui leur sont dues.

Les autorités gambiennes ont déjà fait l’objet d’enquêtes et de débats parlementaires concernant la vente et la gestion de plusieurs actifs de l’ancien président. En 2025, le président Adama Barrow avait réaffirmé que les biens récupérés appartenaient au peuple gambien et assuré que son gouvernement entendait renforcer la transparence dans leur gestion.

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