La Gambie traverse une grave pénurie d’électricité et se tourne vers le Sénégal, qui alimente ses zones rurales depuis 2017, pour obtenir davantage de volumes. Mais c’est en partie la dette accumulée par la compagnie gambienne Nawec envers la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) qui explique la chute des importations, rapporte Sheriff Bojang Jnr dans un article publié le 10 septembre 2026 par Jeune Afrique .
Deux accords, en 2017 puis 2022, avaient porté la capacité d’importation sénégalaise jusqu’à 50 MW via le réseau régional de l’OMVG ; un dispositif aujourd’hui fragilisé par des factures impayées qui s’élevaient déjà, fin 2024, à plus de 10 milliards de francs CFA selon des propos tenus par la Nawec devant le Parlement gambien.
Deux ans plus tard, la situation s’est aggravée. La demande gambienne atteint désormais environ 140 MW, tandis que les livraisons sénégalaises comme guinéennes ont nettement reculé, cette dernière source étant elle-même pénalisée par une sécheresse affectant sa production hydroélectrique.
Le journal relie cette crise à l’arrêt, en mai 2025, du contrat avec le Turc Karpowership — dont la centrale flottante couvrait autrefois jusqu’à 40 % de la demande nationale — et rapporte les manifestations qui ont éclaté à Banjul début septembre, marquées par des barricades et l’intervention de la police, des habitants réclamant de l’électricité et le départ du président Adama Barrow après des coupures pouvant durer trente heures.
Le président gambien, qui brigue un troisième mandat à la présidentielle du 5 décembre, a qualifié la crise de « question de sécurité nationale » et promis des améliorations d’ici fin octobre. Jeune Afrique note toutefois qu’un apport accru d’électricité sénégalaise et guinéenne pourrait tout au plus limiter les dégâts politiques avant le scrutin, sans garantir que le problème structurel soit réglé une fois l’échéance passée.
