À moins d’un mois de la rentrée scolaire, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS) exprime de vives inquiétudes quant à l’avenir. Réuni samedi 12 septembre 2026 à Dakar, le syndicat a fustigé les lenteurs manifestes constatées dans l’application effective du protocole d’accord signé le 16 avril dernier avec le gouvernement. Pour le secrétaire général national du SELS, Amidou Diédhiou, le non-respect des engagements pris menace directement la stabilité globale de l’année scolaire 2026- 2027. De surcroit, le leader syndical soutient fermement que le recrutement professionnel doit s’opérer par voie de concours officiels, plutôt que par ce que le syndicat considère comme une démarche pouvant prendre une « allure » de recrutement partisan

En prélude à l’ouverture des classes prévue en octobre prochain, le syndicat a tenu, samedi 12 septembre à l’Arène nationale de Dakar, un point de presse pour faire le bilan de la situation et interpeller les autorités sur la mise en œuvre des accords conclus avec les syndicats d’enseignants.

Cette rencontre intervient au terme de trois jours de réunions du bureau national, de la commission administrative et du conseil syndical national. Ces différentes instances ont permis aux responsables et militants du SELS de procéder à une analyse de la situation du secteur éducatif, notamment à la lumière du protocole d’accord signé le 16 avril 2026. 

DES ENGAGEMENTS TOUJOURS EN SOUFFRANCE 

Pour le SELS, les espoirs suscités par la signature du protocole d’accord commencent à laisser place à la déception. Le syndicat estime que plusieurs engagements pris par l’État n’ont toujours pas connu de début d’application satisfaisant. Amidou Diédhiou cite notamment l’engagement du gouvernement d’ouvrir, au mois d’août 2026, des négociations sur la question de la retraite des décisionnaires. « Jusqu’à ce jour, on n’a pas vu la couleur d’un seul membre du gouvernement », déplore le secrétaire général national du SELS, alors que la date du 12 septembre est déjà atteinte.

Un autre point de préoccupation est l’étude du système de rémunération. Selon le protocole, des négociations devaient également s’ouvrir sur cette question au mois de septembre. Or, à la date du point de presse, le syndicat affirme n’avoir reçu aucune information concernant le démarrage de ces travaux. Pour le SELS, ces deux engagements constituent des indicateurs importants permettant d’évaluer la volonté réelle du gouvernement de respecter les accords signés

Au-delà des engagements spécifiques liés à la retraite et au système de rémunération, le SELS dénonce également le manque de dynamisme dans les mécanismes de concertation entre le gouvernement et les organisations syndicales. Pour le syndicat, les structures de dialogue et de concertation doivent fonctionner régulièrement afin de permettre aux différentes parties d’anticiper les difficultés et de trouver des réponses aux préoccupations des enseignants. La non-convocation de ces cadres nourrit, selon les responsables syndicaux, le sentiment d’un éloignement du gouvernement par rapport aux engagements pris

Le SELS appelle ainsi les autorités à convoquer rapidement les syndicats pour examiner les différents points encore en suspens et donner une suite concrète aux conclusions du protocole d’accord.

 LE RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS ÉGALEMENT DANS LE VISEUR

Le syndicat s’est également intéressé à la question du recrutement des enseignants. S’il reconnaît la nécessité de renforcer les effectifs, le SELS exige que ce recrutement se fasse dans le respect des normes et sur la base d’une démarche démocratique.

Pour Amidou Diédhiou, le recrutement doit passer par l’organisation de concours, plutôt que par ce que le syndicat considère comme une démarche pouvant prendre une « allure » de recrutement partisan. Cette question vient s’ajouter aux autres préoccupations exprimées à l’approche de la rentrée scolaire.

« Il est temps que le gouvernement se ressaisisse », soutient le secrétaire général national du SELS, qui demande la convocation des organisations syndicales pour discuter aussi bien des questions liées à la retraite et à la rémunération que des autres engagements contenus dans le protocole du 16 avril. Pour le syndicat, la réussite de l’année scolaire 2026-2027 dépend largement de la capacité des deux parties à renouer le dialogue et à donner corps aux engagements pris. Le SELS assure ne pas vouloir jouer les « empêcheurs de tourner en rond » et affirme privilégier une année scolaire « dans le calme et la sérénité ». Mais cette volonté, insiste-t-il, doit être partagée par le gouvernement. Le SELS prévient qu’il ne peut garantir la stabilité de l’année scolaire tant que les engagements ne seront pas effectivement mis en œuvre.

Amidou Diédhiou se veut toutefois prudent. Il refuse de présenter cette position comme une menace contre le gouvernement, préférant parler d’une « alerte ». Le syndicat entend, dit-il, accompagner les autorités dans le processus, mais se réserve le droit de tirer les conséquences de la situation à la rentrée.

À la rentrée scolaire, nous ferons le constat, et nous en tirerons toutes les conséquences », a-t-il averti, tout en précisant que le SELS ne garantirait une année scolaire apaisée sans constater au préalable une réelle volonté du gouvernement d’aller dans le sens de la mise en œuvre des accords.

À quelques semaines de la reprise des cours, le syndicat appelle à la reprise urgente du dialogue et à la matérialisation des engagements du 16 avril. 

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