Lever les obstacles administratifs et physiques qui grèvent la compétitivité du corridor reliant Dakar à Bissau, telle est l’ambition des acteurs économiques du Sénégal et de la Guinée-Bissau réunis à Saly par le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec).

  C’est un diagnostic sans complaisance, mais tourné vers l’action, que le Conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) a ouvert hier à Saly. Rassemblant représentants des administrations publiques, autorités portuaires, transitaires, transporteurs et opérateurs économiques du Sénégal et de la Guinée-Bissau, cette rencontre consacré au corridor Dakar-Bissau entend poser les bases d’une gouvernance renouvelée et concertée.
Axe névralgique pour les échanges commerciaux sous-régionaux et levier d’intégration au sein de la Cedeao, le corridor Dakar-Bissau fait face à des contraintes structurelles persistantes. Lenteurs administratives, multiplicité des points de contrôle routiers, manque de coordination entre les services frontaliers, ralentissement de la digitalisation et coûts logistiques élevés pèsent lourdement sur la compétitivité des entreprises et le panier des ménages.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le président du Conseil d’administration du Cosec, Serigne Sohaibou Guèye, a rappelé l’urgence d’un changement de méthode.
«Nous connaissons les contraintes : lenteurs administratives, contrôles multiples, coordination insuffisante, digitalisation encore partielle.
Nous les connaissons, parce que ce sont nos chargeurs, nos transporteurs, nos opérateurs qui les vivent, chaque jour, sur le terrain», a souligné M. Guèye devant des autorités administratives et territoriales, notamment les représentants du ministère de la Pêche et de l’économie maritime, ainsi que des gouverneurs des régions de Ziguinchor et Sédhiou.
Refusant que la rencontre ne se transforme en un exercice académique sans lendemain, le président du Conseil d’administration du Cosec a insisté sur l’exigence de résultats concrets pour rompre avec les habitudes du passé.
«Nous ne sommes pas ici pour dresser un constat de plus. Les diagnostics, notre secteur en a beaucoup produit. Ce qui manque, ce n’est pas la connaissance du problème. C’est la décision d’agir ensemble, durablement, au-delà des cycles et des changements d’interlocuteurs», affirme le Pca.
Cette initiative s’inscrit directement dans les orientations de la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne de faire du pays un hub logistique, commercial et industriel majeur en Afrique de l’Ouest. Pour le Cosec, la valorisation du Port autonome de Dakar et le désenclavement des zones de production sous-régionales passent inévitablement par une parfaite synergie avec les pays voisins, à commencer par la Guinée-Bissau.
Pour réussir ce pari, Serigne Sohaibou Guèye a prôné une démarche pragmatique et inclusive, fondée sur la co-construction.
«La compétitivité d’un corridor ne se décrète pas depuis un bureau. Elle se construit de façon concertée, autour d’une même table, avec une exigence de résultat.
Ce séminaire ne doit pas se terminer par un rapport que l’on archive. Il doit se terminer par une feuille de route que l’on met en œuvre, et par un mécanisme permanent de concertation entre le Sénégal et la Guinée-Bissau», plaide M. Guèye.
Accompagnés par les experts du cabinet Itte Group, les participants travailleront jusqu’au 19 septembre pour hiérarchiser les contraintes, identifier les leviers de digitalisation des procédures transfrontalières et définir un plan d’actions prioritaires. L’enjeu ultime de ces trois jours d’échanges réside dans l’instauration d’un dispositif permanent de suivi capable de garantir la fluidité du trafic et la baisse des coûts de transaction pour l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique inter-Etats.

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