Et si une grossesse pouvait encore survenir sans FIV après un diagnostic d’infertilité ? Des chercheurs ont développé un outil capable d’estimer, pour chaque couple, ses chances de concevoir naturellement.
Et si une grossesse pouvait encore survenir sans FIV après un diagnostic d’infertilité ? Des chercheurs ont développé un outil capable d’estimer, pour chaque couple, ses chances de concevoir naturellement.
L’âge et la durée des essais comptent
Leurs travaux, publiés dans la revue Human Reproduction Open, ont permis de créer un outil qui estime la probabilité individuelle d’avoir un enfant sans traitement. Il s’agit, selon les chercheurs, du premier outil de ce type utilisable quel que soit le problème de fertilité identifié. Pour rappel, l’infertilité concerne environ un couple hétérosexuel sur six. Après douze mois d’essais infructueux, une consultation spécialisée est généralement recommandée. Mais la situation varie fortement d’un couple à l’autre.
Certains facteurs réduisent davantage les chances de grossesse naturelle. C’est notamment le cas d’une durée plus longue des difficultés à concevoir, de l’âge croissant de la femme et des problèmes touchant les trompes de Fallope, lorsqu’elles sont obstruées ou endommagées. À l’inverse, les couples qui ont déjà connu une grossesse et ceux dont aucune cause précise d’infertilité n’a été trouvée présentent les probabilités les plus élevées de naissance sans traitement.
Pour la Dre Natalie Cameron, qui a dirigé les recherches, cette information personnalisée peut aider à peser le pour et le contre avant une éventuelle prise en charge médicale. « Un diagnostic d’infertilité ne signifie pas nécessairement qu’avoir un bébé par soi-même est impossible », affirme-t-elle dans un communiqué. Selon elle, l’outil doit notamment permettre de comparer la probabilité naturelle avec le bénéfice attendu d’un traitement.
Mieux choisir le moment d’une FIV
L’objectif n’est donc pas de remplacer la fécondation in vitro (FIV), mais de mieux déterminer sa valeur ajoutée. Une FIV peut être coûteuse, invasive et émotionnellement éprouvante. À l’inverse, attendre trop longtemps peut faire perdre une chance à certains couples qui nécessitent une prise en charge rapide. « Les couples nous ont dit qu’ils souhaitaient des informations plus personnalisées et réalistes sur ce qui se passe s’ils continuent d’essayer de concevoir sans traitement », souligne la Dre Cameron.
Gwenda Burns, directrice de The Fertility Alliance, partenaire de l’étude, estime que cet outil, disponible ici, peut aider les patients à mieux comprendre leurs options. « Il n’existe pas de parcours de fertilité unique », rappelle-t-elle. Pour le Dr Nicola Marconi, responsable clinique du centre de fertilité d’Aberdeen du NHS Grampian, le calculateur pourrait donner aux patients « des informations plus claires sur leur santé reproductive » et les aider à faire des choix éclairés.
